Il n’y a rien à dire – Qui est-on si on ne publie pas dans les réseaux ?

Il y a des jours où je me demande ce que je dois écrire, dire ou partager sur les réseaux pour que je puisse continuer à oeuvrer dans ma mission de vie, celle d’aider les gens à être plus heureux. Pour qu’on ne m’oublie pas, en fait, et que je garde ma notoriété.

Depuis quelques temps, je suis retournée dans ma bulle, avec mon moi-même et, à l’intérieur de moi, j’ai l’impression de n’avoir plus rien à dire. Que tout est déjà dit et répété, maintes fois.

La roue tourne : il y a 40 ans, j’étais une jeune immigrée au Québec qui commençait son chemin de développement personnel en groupe car c’est au Québec, alors, que j’ai rencontré des gens ouverts et conscients, sur la même fréquence que moi. La Suisse, d’où je venais, était encore bien close à ces sujets et on me prenait pour une… différente, dirais-je.

Nous étions alors bien peu d’éveillés. Une infime poignée en regard des millions d’habitants au Québec. Nous voulions tellement partager tout ce que nous découvrions alors sur la Vie !

L’enthousiasme des découvertes, des prises de conscience, de la compréhension, des libérations, des expériences magnifiques, des belles rencontres nous portaient pour toujours aller de l’avant et avoir envie d’en faire bénéficier toutes les personnes qui cherchaient des réponses à leur mal-être. Ce même enthousiasme que je vois chez les jeunes aujourd’hui.

Aujourd’hui, nous sommes beaucoup, dans le monde entier, et cela fait tant de bien de voir l’humanité s’approcher de son coeur, s’ouvrir à la conscience de l’Amour, de la Vie et de tout ce qui touche au bien-être et à la Paix.

Légèreté et sagesse

Peut-être suis-je en train de devenir vieille pour avoir l’impression que je n’ai plus rien à dire alors que, justement, j’ai une vie d’expériences et de connaissances à transmettre. Paradoxe…

Plus j’avance en âge, moins j’ai envie – ou besoin, comme j’avais quand j’étais jeune – de lancer des mots dans l’océan. J’ai plus envie de les transmettre à petite échelle, à des personnes en vrai, des gens qui ont envie de les entendre vraiment et de les intégrer dans leur cheminement.

J’ai presque 64 ans bientôt et le coeur léger. Bien plus léger qu’il l’était il y a 20, 30 ou 40 ans. Ça doit être ça, la sagesse. On est de plus en plus libre de nos croyances limitantes, de nos blessures et du passé, et on trouve de plus en plus de paix dans son coeur.

C’est avec cette légèreté que je transmets dans mes stages et que les participants reconnaissent, une fois le stage terminé, combien tout s’est passé à la fois en douceur et en profondeur. J’entends alors souvent qu’ils/elles ont trouvé et libéré des choses profondes qu’ils n’avaient pas touchées dans d’autres stages, avec des gens plus jeunes. L’expérience et la connaissance de mon âge…

C’est cette légèreté qui m’amène à ne plus ressentir le besoin de partager chaque jour une pensée, un article, un thème, un sujet, un enseignement en rapport avec le cheminement personnel mais juste à Être, ici et maintenant.

Créer un espace d’attentes sans le vouloir

Je n’ai plus rien à partager qui me donne cette impression que c’est ce qu’on attend de moi. Je n’en ai plus envie.

Je me retire doucement des attentes des autres, d’un espace que j’ai créé moi-même, en fait, qui m’a permise de me sentir vue et reconnue même si c’est toujours depuis derrière un écran.

J’ai toujours pensé et dit que j’envoyais, à travers mes publications, des petites gouttes d’Amour dans l’océan de la Vie afin qu’elles rejoignent le plus de monde possible.

Avec les années – je suis sur le web depuis 1997, 2005 en blogs et 2007 sur Facebook – et les milliers de «posts» et d’articles publiés, de pensées partagées, d’enseignements transmis, j’ai créé un lectorat qui, pour certain(e)s, a créé une attente de me retrouver avec mes prochains articles sur la vie ou mes aventures dans le monde.

Sans ces publications, je n’existerais plus aux yeux des gens qui me « suivent » mais, heureusement, je reste toujours bien présente physiquement dans ma communauté, auprès de ma famille et de mes amis.

Rejoindre la communauté

Sauf que, de nos jours, qui est-on et comment peut-on être vu/connu si on ne publie pas quelque part, quand on offre des services ?

J’aimerais pouvoir prendre congé des réseaux, parfois, mais je sais que je ne le ferai pas car j’aime trop partager ! Si je ne le faisais pas, je me sentirais à l’étroit dans mon espace.

J’ai toujours un profond besoin de partager les belles choses et d’envoyer des gouttes d’Amour dans l’océan de la Vie. Je vais juste peut-être le faire un peu moins souvent ou différemment…

Belle et douce journée,

De tout coeur,

Dominique Jeanneret

© Dominique Jeanneret, texte et photos, reproduction interdite sans autorisation, sous quelque forme que ce soit, en tout ou partie. Partage intégral (écrit uniquement) autorisé seulement avec le lien vers le site dominiquejeanneret.net. Merci de respecter.

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