En me respectant, j’ai déçu et me suis fait rejeter

Dimanche 4 janvier 2026 – 

J’écris cet article aujourd’hui en pensant à plusieurs personnes que je pense avoir déçues parce que je me suis choisie plutôt que de répondre à des engagements prévus avec elles.

Mes amis me connaissent et m’accueillent sans jugement ni critique quand ça arrive. Ils font pareil. On se reçoit dans nos besoins et envies sans se juger, sans blâmer l’autre même si on peut éventuellement être déçus. On sait que tout est parfait dans le moment présent et on n’est jamais frustrés et encore moins fâchés.

De fait, je devais aller passer un weekend chez une amie dernièrement. J’étais fatiguée et avais besoin d’être plutôt seule. Je l’ai appelée deux jours avant en lui proposant de remettre au weekend suivant. Elle a accepté avec plaisir, étant elle-même fatiguée. Ce report l’arrangeait aussi et on a finalement passé un super weekend ensemble où nous étions beaucoup plus disponibles l’une à l’autre.

Oser écouter ses besoins 

J’ai appris à oser me rétracter d’un engagement il y a bien longtemps. J’étais alors toujours à répondre à mes engagements même si, parfois, j’aurais aimé être ailleurs ou faire autre chose. Ma faible estime de moi et ma jeunesse dans la violence m’amenaient toujours à éviter de créer un conflit aussi minime soit-il.

Ma thérapeute m’a proposé un jour de me choisir plutôt que de toujours faire ce que les autres attendaient de moi. Elle m’a transmis les bases de la communication non-violente afin de m’exprimer adéquatement.

Oser me choisir n’a pas été facile car je me sentais, à l’époque, transparente et sans valeur et je ne voulais pas blesser personne mais, un jour, j’ai osé appeler une amie et lui dire que je n’avais plus envie de faire l’activité prévue, que je ne le sentais pas et que ça n’avait rien à voir avec elle.

Je m’attendais à un retour déçu voire même un petit conflit, un rejet de sa part ou même un retour blessant. Pas du tout ! Elle m’a juste répondu que ça l’arrangeait aussi car elle n’avait pas non plus envie d’aller à cette activité ! On a ri ensemble et on a tout simplement remis notre rencontre à une autre fois.

Cette première expérience de me respecter, de me choisir, de me nommer dans mon besoin et d’être pleinement accueillie, a été marquante. Là où j’attendais une critique et un rejet, j’ai reçu un accueil bienveillant et joyeux.

Cela m’a permise, tout doucement, de continuer à me choisir de plus en plus et cela a participé à augmenter mon estime de moi-même.

Quand l’autre réagit mal

J’ai parfois choisi de me respecter. Je me suis choisie et j’ai osé le nommer après avoir mûrement réfléchi.

Au lieu d’un repas avec une amie (qu’on peut reporter plus tard), j’ai préféré aller à une célébration de fin d’année (unique dans l’année) tout en l’invitant à venir avec moi. Cela m’aurait fait plaisir qu’on aille ensemble. Elle a refusé et ne m’a plus donné de nouvelles. 

Une autre amie m’a invitée à souper chez elle. La météo d’hiver ce jour-là était terrible. On a remis au lendemain soir. On s’est entendues qu’on se reparlerait le lendemain matin, ce que j’ai fait avec un texto envoyé à 9h30 le matin de notre souper. Entre la météo difficile et le gros trafic d’un jour de semaine, je n’avais pas envie d’y aller. Malheureusement, la technologie a fait qu’elle n’a pas reçu mon message. Elle m’a appelée en fin de journée, ne me voyant pas arriver. Je lui ai expliqué. Elle a raccroché puis m’a envoyé un texto se disant insultée de mon attitude. J’aurais plutôt dû l’appeler le matin (et elle aurait aussi pu m’appeler). On ne peut pas se fier à la technologie.

Je devais aller à une activité de danse avec beaucoup de monde. J’étais fatiguée et fragile. J’en ai fait quasiment des cauchemars durant deux jours avant d’y aller. Je sentais que quelque chose de négatif pourrait se passer et je ne me sentais pas d’y aller du tout. J’ai envoyé un message vocal à mon amie pour lui partager comment je me sentais et que je n’irais pas à l’activité, qu’elle pouvait offrir mon billet à quelqu’un d’autre. Elle ne m’a jamais rappelée. J’aurais pourtant aimé savoir comment elle avait aimé son expérience.

Je ne les ai pas rappelées. Je vous explique.

Accueillir sans jugement 

Bouddha disait : «La seule chose qui fait souffrir, ce sont les attentes». 

Quand on a des attentes, on est déçu si elles ne se réalisent pas.

Si des personnes qui se veulent être mon amie agissent comme dans les trois exemples ci-haut, qu’elles sont frustrées et fâchées au point de me rejeter, cela ne m’appartient pas. Cela me touche un peu quand même car je les aime, je suis humaine, mais je ne donne pas de pouvoir à ça. Quand ça arrive, je « laisse au temps le temps de faire son temps », comme on dit, et j’envoie beaucoup d’amour à ces personnes, que je les revoie un jour ou jamais. C’est leur choix de rester à mouliner dans leur rancoeur ou pas. Perso, je me tiens loin de ce genre de feelings qui ne font que se ronger de l’intérieur.

Il y a longtemps, j’ai aussi vécu des situations d’ami.e.s qui se désistent, parfois au dernier moment, et je me suis sentie frustrée et fâchée, mais je suis allée voir ce que ça venait toucher en moi pour réaliser que ma colère m’appartenait… et que la situation, au final, avait permis de vivre autre chose qui était juste parfaitement ce que j’avais à vivre alors !

J’ai appris que rien n’arrive pour rien, qu’il n’y a pas de hasard et que tout est parfait. Si on agit avec ces croyances, on peut recevoir de beaux cadeaux, comme celui qu’une activité s’annule et soit, spontanément, remplacée par quelque chose d’autre de surprenant, qui fait du bien, qu’on est heureux d’accueillir… ou qu’on avait à recevoir, positif ou négatif, pour comprendre quelque chose dans notre vie.

Sa réaction n’est pas la mienne et ne m’appartient pas

Il y a bien longtemps, je me serais sentie très mal, coupable de les avoir déçues, peut-être même de les avoir fâchées car j’aime ces personnes de tout mon coeur. J’aurais pris la responsabilité de leur réaction, de leur frustration et de leur colère. A quoi bon ?

Si une amie m’accueille positivement et que l’autre pète une crise pour la même situation, est-ce que leur réaction m’appartient ? Absolument pas. C’est leur réaction, en rapport avec leur être, leur vécu, leurs croyances, leurs blessures, et je n’en suis pas responsable.

Par contre, je peux en être un déclencheur, ce qui est toute autre chose…

Nous sommes tous les enseignants les uns des autres de par notre façon d’agir et d’interagir avec les autres. A chacun de saisir l’opportunité de comprendre et guérir des blessures ravivées par la situation que nous fait vivre l’autre personne puisque nous sommes tous les miroirs les uns des autres.

Ma seule responsabilité, en me choississant et en me respectant, et de me nommer adéquatement et avec beaucoup de bienveillance et de respect pour ne pas blesser la personne. 

Pour être mon ami(e)

Il n’est pas facile d’être mon amie pour les personnes qui n’ont pas ces croyances, cette confiance en soi, pour qui tourne encore dans la victimite, a des attentes et se frustre quand je ne les remplis pas. Je ne suis plus dans le triangle sauveur-bourreau-victime et je ne réponds donc pas à ce jeu.

Ce que je sais surtout, c’est qu’il est très facile d’être mon amie quand on est dans son plein pouvoir, sans attentes, sans donner du pouvoir à sa victimite d’enfant blessé, dans la liberté d’Être. C’est tellement plus léger, doux, fluide, intense, profond, heureux, fou même parfois !

Vivre et laisser vivre, telle est la façon dont je veux vivre, aimer et être aimée. Cela fait partie de ma Liberté, liberté partagée dans une relation qui n’est donc pas conditionnelle à devoir combler les attentes de l’autre (même si on se fait une joie de les combler quand on peut). Mes meilleurs amis ont cette même façon d’Aimer… et c’est pour la Vie !

Si vous aspirez aussi à vivre ainsi et avez encore des difficultés à y arriver, je vous invite à un de mes stages au Québec, en Martinique, en France et en Suisse d’ici l’été prochain. Retrouvez tout l’agenda des activités à cette page.

De tout coeur, 

Dominique Jeanneret

© Dominique Jeanneret, texte et photos, reproduction interdite sans autorisation, sous quelque forme que ce soit, en tout ou partie. Partage intégral autorisé seulement avec le lien vers le site dominiquejeanneret.net. Merci de respecter.

 

 

 

 
 

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