L’histoire d’une quête ❤️

Ce matin, sur le quai de la gare de Béziers, un monsieur s’approche et dit qu’il lui manque 70 centimes pour s’acheter un sandwich. Il est habillé normalement et porte un sac sur son épaule.

Je l’avais vu arriver, le visage las. J’ai baissé la tête, tout comme mon voisin de banc. Le quêteux a compris que notre réponse était négative.

En baissant la tête, j’étais comme déchirée, comme à chaque fois qu’un quêteux me quête quelque chose. Je me suis sentie presque coupable de ne pas donner mais mon âme m’a gardée dans cette position.

Je me sentais déchirée entre le fait qu’une partie de moi avait envie de lui donner, de reconnaître son besoin et de l’aider, alors que l’autre partie ne lui faisait pas confiance et était même lasse de se faire encore demander de l’argent.

Une 3e partie de moi, au-delà de ces 2 considérations, ne comprend pas comment on peut préférer quêter plutôt que de garder sa dignité et faire en sorte de travailler pour être autonome financièrement. Beaucoup d’associations et services aident aussi…

Les quêteux me donnent toujours l’impression de se sentir petits et en demande, comme si on ne leur avait jamais montré que ce sont des personnes à part entière et qu’ils peuvent être fiers de qui ils sont.

Certains sont dans une passe de vie difficile, burnout, dépression, solitude, rejet, sans famille, perte d’emploi, etc. D’autres ont des soucis de santé mentale. Certains ne peuvent pas remonter la pente et/ou, tout simplement, s’intégrer dans la société.

Certains jouent carrément cette comédie, cependant, ce qui ne donne plus confiance aux quêtés. Certains ont compris qu’ils font plus que le salaire minimum juste en quêtant et ils se donc pas imposés par le gouvernement.

Avoir eu le temps, ce matin, j’aurais proposé au quêteux de s’asseoir avec moi et qu’on échange quelques mots. Ils ont tous des histoires de vie à partager.

Le fait est que je vais donner quelques sous en échange d’un peu de musique, par exemple, mais pas sur une demande avec un air de chien battu.

Apprendre à donner ❤️

Je pense que j’aurai toujours cette espèce de culpabilité de ne pas donner quelques sous aux quêteux alors que j’en ai les moyens mais j’ai appris, en Inde, en 1982. C’est toujours d’actualité, à ce que j’ai pu voir les dernières fois que j’y suis allée.

Les enfants mendiants étaient employés comme des esclaves par leurs parents ou des proxénètes. Les enfants devaient faire pitié pour attirer la pitié et, ainsi, quelques pièces. Une fois l’argent remis à la fin de la journée, ils étaient à peine nourris puis parqués dans des taudis. De telles histoires, j’en ai beaucoup entendues.

Alors, au lieu de leur donner de l’argent, j’avais pris l’habitude d’avoir toujours un paquet de biscuits nourrissants avec moi et je leur en donnais.

Ils étaient surpris, sur le moment, mais ils avaient alors au moins qqch à manger. L’adulte qui le surveillait de loin n’était pas content, souvent, mais permettait alors à l’enfant de manger.

Au Québec, cela m’est arrivée de sortir d’une boulangerie avec un sandwich pour mon lunch. En le voyant, j’ai voulu le donner au quêteux sur le trottoir. Il a refusé. Il voulait seulement de l’argent. J’ai mangé le sandwich sans culpabiliser!

Chaque fois que je me retrouve dans une situation avec un quêteux qui me quête quelque chose, j’écoute mon intuition et mon âme. Je suis toujours le cœur ouvert au départ, à vouloir aider toujours.

Parfois je donne, parfois non, cependant. Ça doit être mon karma avec le quêteux et son karma avec moi. On ne peut pas toujours expliquer pourquoi ou pourquoi pas et on ne peut pas aider tout le monde…

De tout ❤️

© Dominique Jeanneret

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