
28 juillet 2026
On me demande souvent ce qui m’a amenée au Québec. En voici l’histoire…
Fin juillet 1985, je suis arrivée à Montréal pour y passer près de trois mois de vacances. J’avais rencontré quelques Québécois en Suisse qui étaient devenus des amis et m’avaient invitée à venir passer l’été pour découvrir leur contrée. Alors étudiante à l’université, j’avais l’été de congé.
En mars 1985, j’avais pris mon billet d’avion et avais ensuite rencontré une Québécoise, Noëlla McNicoll, à Terre des Hommes Suisse, l’association où j’étais bénévole. Après avoir papoté cinq minutes ensemble, le temps qu’elle me dise qu’elle est québécoise et que je lui dise que j’allais au Québec bientôt, elle a mis sa main dans sa poche et en a sorti une clé qu’elle m’a remise en me disant : « Je pars trois mois en Afrique. Je te laisse mon appartement à Montréal ». J’étais restée bouche bée. Ce fut le premier signe de plusieurs qui se sont ensuite enchaînés pour me montrer un chemin…
Le message
Le lendemain de mon arrivée à Montréal, mon copain Serge m’a amenée sur le belvédère du Mont-Royal, la colline qui surplombe la ville de Montréal. J’y ai découvert et ressenti l’immensité de ce pays et ses grands espaces, ce dont je manquais cruellement en Suisse et qui faisait que je voulais quitter ce pays pour aller vivre ailleurs.
Le regard dans le vide à contempler le ciel bleu magnifique et immaculé de ce jour d’été, je sens soudainement un faisceau de lumière du ciel me toucher avec un message qui me dit clairement : « C’est ici que tu viens vivre ».
Depuis mon retour d’Inde en 1982, je savais que je ne resterais pas vivre en Suisse mais je ne pensais pas du tout à l’Amérique du Nord, même si j’ai toujours aimé les beaux cowboys et la musique blues et country.
J’ai mis ce message dans un tiroir de ma tête et n’y ai plus pensé. J’ai passé l’été à me balader au Québec, à rencontrer mes amis, à faire de la planche à voile et à rénover l’intérieur de la vieille « Volks Van » de Serge avec laquelle on allait se balader les weekends car il travaillait la semaine.
De retour en Suisse, je reprends mes études comme si de rien n’était. J’avais passé près de trois mois au Québec et je ne pensais pas y retourner mais voilà que quelque chose a commencé à mijoter en moi sans m’en rendre compte. Je repensais à ce pays, à ces grands espaces et à la liberté que j’avais ressentie.
La décision
C’est alors que, un jour que j’étais assise à la table avec Serge (il était revenu en Suisse pour faire les vendanges avant d’aller en Inde), chacun en train d’écrire quelque chose, j’ai senti une force puissante monter en moi. Je me suis littérallement vu et écouté mettre le poing sur la table et dire à Serge : « Je vais vivre au Canada ! ».
J’en étais vraiment surprise, comme si quelqu’un avait parlé à travers moi, comme si cette personne avait dit ce que je n’osais pas dire, avait pris la décision que je n’osais pas prendre, comme si j’avais procrastiné sans m’en rendre compte et que cela venait d’exploser.
Serge, fort surpris car on n’en avait jamais vraiment parlé, me dit :
– Tu en es sûre ?!
– Heu… je pense bien. Ça vient de monter tellement clairement ! que je lui réponds.
– Alors on se marie ! me répond-il.
Serge est parti en Inde pendant que je continuais mes études. Sans Internet, juste par courrier postal, j’ai réussi à avoir les certificats de naissance et de baptême de Serge. J’ai publié les bans du mariage à la mairie de Genève et ai commencé à préparer mon départ.

Nous nous sommes mariés à Genève le 4 avril 1986. Serge est ensuite reparti au Québec où il a rempli les papiers de parrainage. Il allait être responsable de moi financièrement pendant les dix prochaines années.
J’ai vidé et rendu l’appartement pour le 1er juillet avant d’aller vivre chez mes cousins car ma maman n’avait pas de chambre pour moi, en attente de mon visa d’immigration. J’appelais tous les jours à l’ambassade du Canada à Berne. A cette époque, une gentille dame me répondait alors qu’elle ne l’avait pas encore reçu… jusqu’au jour où c’est elle qui m’a appelée avec la bonne nouvelle.
Trois jours plus tard, j’avais dit au-revoir à mes proches et je m’envolais pour aller m’installer au Québec.
C’était il y a quarante ans aujourd’hui, le 28 juillet 1986.
L’ouverture tant attendue
Quarante ans de vie dans ce pays où tout s’est alors ouvert pour moi dès mon arrivée, notamment le fait de rencontrer des gens dans le domaine du développement personnel qui parlaient le même langage que moi, qui étaient sur la même fréquence, qui ne me prenaient pas pour une dingue avec mes croyances et ma façon de vivre. Enfin !
Le Québec m’a permise de découvrir et de développer qui je suis vraiment. Nous étions une petite poignée de gens en développement personnel. Nous étudiions et cheminions ensemble. Rencontres, méditations, cours divers et beaucoup de thérapie au fil des ans m’ont permise d’atteindre la sérénité que je vis aujourd’hui.
Quand je retourne en Suisse, je me demande si j’aimerais retourner y vivre ma fin de vie. Peut-être. J’aime la Suisse et y ai ma famille mais le Québec est encore actuellement la patrie où je veux vivre. Qui sait… je terminerai peut-être ma vie avec un beau cowboy au Canada… ou ailleurs ?!
Tout est possible et mon coeur est ouvert à continuer de vivre toutes ces belles choses que la Vie m’offre chaque jour ! Gratitude infinie 💖
De tout coeur,
Dominique Jeanneret
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