Aïe aïe aïe, procrastination !

Women.

Je procrastine sur un truc ces temps-ci, c’est terrible. C’est à quand je pourrai remettre ce truc le plus loin possible. Pourtant, ce n’est pas vraiment mon style. Quand il y a quelque chose à faire, je m’arrange pour que ce soit fait rapidement afin de passer à autre chose.

Dans la situation qui m’habite depuis… des mois, je procrastine vraiment très fort. Ce matin, je me suis pourtant dit  » Ça y est, je sens que c’est le temps que je fasse ça, que je puisse terminer ce projet et passer à autre chose ». Je me sentais presque calme intérieurement, (presque) non engagée émotionnellement dans la pile de souvenirs que me fait remonter cette dernière étape de collaboration avec un client avec qui les derniers temps furent vraiment désagréables.

En terminant ce qui me reste à terminer, pourtant, je vais délier ce passé pour laisser partir tous ces moments, bons et moins bons, dans le tiroir des souvenirs qui m’ont appris beaucoup mais dont je n’ai plus besoin. Du coup, je vais vraiment pouvoir dire que je me lance seule dans ma vie, sans ne plus avoir personne dont j’ai « à m’occuper » (je suis organisatrice d’événements pour d’autres thérapeutes).

Je procrastine
Tu procrastines
Il procrastine
Elle procrastine
On procrastine…
Nous…

Pourquoi je procrastine tant ?!

Cela fait deux heures que je dis que je vais finir ce dossier, que j’en ai pour maximum deux heures de travail, peut-être même juste une demie-heure, et j’ai juste la boule au ventre. J’ai peur, tellement peur. Des peurs inconsidérées, inutiles, qui ne servent à rien, qui sont juste provoquées par une blessure de fond, très vieille, qui remonte chaque fois que j’ai à gérer de l’argent. Des peurs moins pires qu’elles l’étaient cet été mais encore bien présentes. Elles se cachent sous un espace somme toute plus paisible qui me permet de prendre un peu de distance de cette situation mais les émotions qui me triturent l’estomac veulent m’y replonger le nez au complet.

No way !!!! Je ne me laisserai plus submerger et vais prendre ces émotions avec distance. Je ne suis pas ces émotions et j’ai le choix de la façon dont je veux les gérer et les vivre.

Pourquoi ai-je ces peurs intestines qui me remontent jusque dans le gargoton au point d’avoir envie de vomir ?! Je repense aux derniers mots que ce client, avec qui j’ai quand même travaillé plusieurs années, m’a dit en « riant » cet été, qui m’ont touchée profondément et très désagréablement. Je ne les méritais pas. Il pensait être drôle. Il a été profondément blessant… me renvoyant directement dans une blessure. Je suis humaine avant d’être thérapeute ;).

La compta…

En fait, dans ce cas-ci, je dois finaliser la comptabilité de la collaboration de cette année avec ce client. En tant que tel, je sais très bien comment faire et suis en général bonne là-dedans. Par contre, ce que je déteste, c’est de devoir trouver où se cachent les 2,15 $ manquants, car c’est rare d’arriver pile aux bons résultats et ça, ça m’énerve. J’ai l’impression de perdre mon temps.

J’ai aussi un manque de confiance en moi dans ce domaine. Les comptables sont bien meilleurs que moi ;). J’ai peur de me tromper, de ne pas arriver à balancer la compta, de perdre mon temps à chercher le dollar qui manque (gggrrrrr !). En fait, j’ai peur de ne pas être à la hauteur. Et puis, aussi, j’ai plein de choses bien plus sympas à faire que cette môzusss de compta.

La vraie raison

Dans la situation du jour, je procrastine car je dois faire quelque chose en rapport avec quelqu’un. Qu’est-ce que cette personne me reflète pour me faire procrastiner ainsi ? Telle est la vraie question.

Cette situation me ramène loin en arrière. Mon enjeu avec l’argent. Et cette personne qui m’a fait sentir toute petite, soudain, la dernière fois que je l’ai vue. Retour aux sources, à la blessure. Colère contre cette personne pour son attitude mais surtout colère contre moi de ne pas encore me donner plus de valeur que ça et m’être laissé traiter ainsi. Je vaux mieux, beaucoup mieux, mais je reviens de loin, très loin, du néant quasiment, et c’est pas à pas qu’on se (re)construit.

Créer une personnalité confiante, solide et paisible est long quand on a senti, très jeune, qu’on avait juste une place de… pas de place, en fait, et qu’on n’a pas vraiment eu les parents adéquats pour se créer une solide estime de soi.

Les devoirs, source de procrastination

Quand j’étais jeune, je « procrastinais » mais sans m’en faire du tout, sans me culpabiliser. Je faisais toujours mes devoirs à la dernière minute, au risque de faire trembler ma mère qui s’inquiétait de ne pas me voir étudier. Je ne sais pas si un jour, elle a réussi à lâcher prise. Probablement le jour où je suis partie étudier dans une autre ville. J’avais pleine confiance en moi car je connaissais mes capacités et mes limites. Je rendais toujours mes travaux à temps et même avant les délais.

En fait, je « procrastinais » car les études m’ennuyaient. Ce n’était pas la même raison qu’aujourd’hui. Quoique… en écrivant, je viens de toucher subtilement quelque chose : devoir rendre un travail m’a toujours fait « procrastiner » et le faire à la dernière minute.

Ce que je ressens, en analysant au fur et à mesure que j’écris, c’est que je suis profondément rebelle aux « devoirs », à DEVOIR… et à voir que la personne, ou le prof, me regarder avec condescendance quand je les lui rends, comme si je les lui devais alors que je ne lui rien demandé et, surtout, sur lesquels il va me juger.

Les « devoirs » ne sont pas un choix et je déteste être conditionnée à devoir rendre des comptes à qui que ce soit. J’ai toujours été ainsi à avoir été élevée dans une autorité très dure et même violente. Je suis pourtant très respectueuse et efficace quand il s’agit de travailler en équipe et/ou avec des gens respectueux et non jugeant, des vrais collaborateurs.

J’ai envie que ce travail qui devrait être terminé depuis un mois le soit aujourd’hui, dans la paix et la joie plutôt que dans l’angoisse et la colère. J’ai à remonter mes épaules, me dire que je suis bonne dans ce genre de choses, que tout va se passer facilement, que je n’aurai pas à chercher des dollars égarés et que la conclusion de cette comptabilité va profiter autant au client qu’à moi… et qu’on va ainsi terminer cette collaboration dans la paix et la bonne entente.

Il est l’heure d’aller diner. Je reviens tantôt, histoire de procrastiner encore un petit peu avant de m’y mettre pour de bon, à cette f…. compta.

Une heure plus tard :

J’ai un rendez-vous important à 17h et veux me laisser toute la latitude pour avoir le temps de terminer ce projet, des fois que ça me prendrait plus de temps que prévu. Je terminerai ce projet demain matin à la première heure 😉

Conclusion )fort résumée car je pense que la procrastination provient de 1001 raisons les plus subtiles les unes que les autres, que je n’ai pas développées ici car cela prendrait 10 pages au minimum) :

Grosso modo, la procrastination évolue en proportion inverse du produit de la confiance en soi et de la valeur de la tâche. Si vous êtes confiant, mais n’accordez aucune valeur au travail à réaliser, vous allez procrastiner davantage. Si vous accordez une valeur au travail, mais n’avez aucune confiance en vous, ça ne va pas être terrible non plus. Et si vous n’estimez ni votre travail ni vous même, cela se passe de commentaires. La procrastination est de surcroît augmentée par les facteurs d’impulsivité ou les distractions, mais aussi par le temps dont on dispose pour effectuer la tâche : plus le délai est long, plus grande est la tendance à retarder l’exécution de la tâche (voir l’étude de de Klaus Wertenbroch et Dan Ariely déjà présentée dans nos colonnes). Aux paramètres définis par Steel, Levitin ajoute encore une autre forme de « délai » : le temps qu’on met pour recevoir un feedback positif de la tâche effectuée. On se mettra au travail d’autant plus difficilement que la récompense est lointaine.
Source : Comment lutter contre la procrastination.

Bonne journée !

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