Quand le corps et l’âme explosent

Quand le corps et l'âme explosent 1

Je me sens prise dans mon corps physique comme dans une prison. Les yeux fermés, le doigt sur l’arcade sourcilière, je sens mon corps se recroqueviller sur lui-même et je fige. Je fais de la sidération. Je ne peux plus bouger.

Je suis devenue physiquement grosse et lourde depuis ces dernières années. J’ai même reçu, hier, un diagnostic comme quoi je fais de l’asthme. J’étouffe dans ce corps, dans cette vie. J’ai envie de faire imploser ce corps physique trop lourd pour me libérer de tout ce que je porte et que je ne veux plus porter. Je me sens prise au piège dans ce filet de croyances qui m’oppressent et camouflent des années de souffrances de ma jeunesse qui n’ont jamais apparu en thérapie.

Ce matin, en pratique des méthodes PEAT que j’étudie depuis l’automne passé, j’ai choisi de travailler sur ce poids que je porte et qui m’alourdit tant. Je ne m’attendais pas à descendre dans cette violence vécue dans mon enfance qui est alors remontée du plus profond de moi.

La séance avance. Les larmes coulent. La douleur de cette enfance, que j’avais soigneusement mise dans un tiroir depuis lors, remonte. Je ne m’en souvenais que de très loin et surtout, sans émotions. Je savais que je n’avais pas réglé ce passé mais je ne savais pas quand il allait se manifester. Ce matin, il remonte de plein fouet.

Je suis retournée dans ma jeune enfance. La tête penchée vers le bas, je me vois en train de subir des mots durs et des coups. Le bonheur et l’amour, c’est pour les autres, pas pour moi. Je sais qu’il ne sert à rien que je me défende, que je cherche à m’expliquer, que je donne mon avis. Si je le fais, je prends d’autres coups.

La thérapeute m’invite pourtant à exploser, à me laisser aller. Je ne peux pas. Les larmes coulent encore plus fort. Même si je veux, je ne peux pas. Dans mon for intérieur, je sens que, si je le fais, soit je crie et je me prends une belle claque, soit je suis maladroite dans mes mots et je vais blesser quelqu’un, ce que j’ai fais si souvent dans ma vie et je ne veux plus. Je suis coincée dans cet état de sidération.

Je continue à descendre dans cet état sombre et lourd où, pour arrêter de souffrir, toute jeune, pour ne plus sentir les coups psychologiques et physiques, je me suis, d’une certaine façon, décorporée, désagrégée. Je me suis coupée de mes émotions et me suis blindée dans un bunker pour survivre. De mon état figé, je me vois doucement devenir poussière, neutre, sans poids, jusqu’à me fondre dans le néant comme une poudre sans vie qui flotte dans l’espace sombre.

Je n’ai pas le droit d’être. Je dois être inexistante. Telle est la croyance que cet homme qui faisait office de mari à ma mère m’a fait croire et cette croyance a créé des réflexes encore bien présents dans ma vie actuelle.

Danielle, notre prof, ne me lâche pas d’un yota. Avec les méthodes PEAT, on va remettre de l’équilibre entre les polarités, entre le négatif et le positif, entre exister et non-exister, par exemple. Elle me demande de trouver des situations où je me suis sentie exister. En méditation et quand j’anime mes stages. Je me sens alors parfaitement à ma place et bien avec moi-même. Ce sont des endroits, des moments où je me sens vraiment exister à ma juste valeur, dans tout mon être, ma paix intérieure et ma puissance. J’accepte d’y être vue, appréciée et reconnue. C’est un espace d’ouverture et de lumière, d’amour et de bienveillance.

Quand on trouve la polarité positive à ce qu’on vit négativement, qu’on la ressent aussi fort, la suite de l’exercice consiste à balancer alors, d’une façon précise, ces deux polarités pour les amener à l’équilibre. Existence/non-existence se transforme en obscurité/lumière : je suis dans l’obscurité de la lourdeur sombre de la petite fille qui se replie pour ne pas recevoir de coups puis je vais dans l’espace de lumière où je me sens bien et je me balade entre les deux polarités.

Quelques minutes plus tard, la paix est revenue dans mon coeur. L’équilibre s’est installé. La séance est terminée.

Des réponses à des attitudes de la vie courante

Je viens de vivre une séance intense et profonde. Je ne m’y attendais pas du tout. Je savais que mon surpoids cachait une carlingue remplie d’émotions et de souffrances profondes mais je ne pensais pas retourner encore dans la violence vécue dans mon enfance.

Les heures passant, des images et des messages sont montés spontanément à ma conscience pour me faire voir, par exemple, les raisons pour lesquelles :

  • j’ai toujours peur de me mettre en avant : par crainte de recevoir des critiques = des coups psychologiques.
  • je ne sais pas me défendre ni riposter quand on m’attaque verbalement (je fais toujours de la sidération) : par peur d’être agressée, de prendre une claque;
  • je préfère me taire qu’argumenter pour placer mon point de vue : pour ne pas être prise en faute et/ou me laisser écraser par l’autre;
  • je préfère me taire, ne pas exploser alors que je suis à bout, plutôt que de blesser quelqu’un psychologiquement;
  • je peux dire quelque chose de façon impulsive et le regretter ensuite;
  • etc…

Suite à cet exercice, je vois pourquoi j’agis de certaines façons dans plusieurs de mes attitudes de ma vie courante.

Le surpoids, la lourdeur, la protection contre le danger, le blindage contre toute attaque possible, un certain confort dans un corps arrondi pour compenser le manque de tendresse, de toucher, la cachette pour se réfugier et faire semblant qu’on y est bien, la sidération pour éviter les coups et, éventuellement, ne même plus les ressentir, j’avais construit tous les réflexes pour me garder loin de toute menace.

Avec les années, et la volonté de guérir mes attitudes et croyances, je me suis créé une vie remplie de gens bienveillants et aimants, où je n’attire plus personne qui pourrait me faire du mal, aussi petit soit-il, mais je sais que j’en ai encore peur.

Le chemin de guérison vers la légèreté

Quand le corps et l'âme explosent 2Photo : Laurence Olivary

Le chemin s’est ouvert il y a plus de trente ans, en thérapie, quand j’ai recommencé à ressentir mon corps et mes émotions, et les vivre. J’ai appris tant de choses sur moi depuis, ce qui me permet d’aider les autres à bien des niveaux, mais je ne pouvais pas encore toucher à ce qui a rapport à la violence car je ne l’avais pas guérie moi-même.

C’est en bonne voie et j’en suis très heureuse. Comme un cygne en train de déployer doucement ses ailes, je sens qu’un bunker intérieur qui était devenu beaucoup trop lourd pour moi est en train de s’effriter pour faire place à l’ouverture et à la légereté. Il va bientôt exploser pour me laisser enfin être pleinement qui je suis sans peurs de certaines attitudes qui me faisaient me sentir en danger.

Bien sûr, alimentation et exercices vont aider à retrouver un corps physique dans lequel je vais me sentir bien mais je savais, depuis longtemps, que d’autres choses coinçaient au niveau psychologique qui m’empêchaient de lâcher ce poids. Il ne suffit pas de régime et d’exercice pour revenir à son corps-santé. La conscience de ce qui l’habite et le « remplit » est primordial.

Je suis infiniment reconnaissante à Danielle et à toutes mes collègues de cours des méthodes PEAT de me permettre de faire ce chemin de guérison.

Je vous proposerai bientôt de travailler avec ces méthodes puisque je termine ma formation d’ici quelques semaines. Les résultats sont impressionnants.

PS : Merci de laisser vos commentaires ci-dessous afin qu’il reste avec l’article.

De tout coeur

© Dominique Jeanneret
Thérapeute holistique, accompagnante psycho-spirituelle,
blogueuse et globetrotter

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Photo d’entête by Fernanda Greppe on Unsplash

 

 

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4 thoughts on “Quand le corps et l’âme explosent

  1. Bonjour merci pour ce témoignage c’est tellement moi je me retrouve tellement j’aimerais pouvoir réussir à m’en sortir j’ai essayé différentes approches mais depuis quelques années maintenant je suis tout seul on y arrive en pas et financièrement je ne peux pas suivre des formation des cours des ateliers où payer x séance c’est dommage mais merci en tous les cas ça donne envie espoir peut-être de s’en sortir

    1. Quand on est vraiment prêt, les choses se placent pour qu’on puisse passer à travers. Les bonnes personnes et l’argent vient à nous pour qu’on réussisse à avancer. Je vous le souhaite de tout coeur.

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