Petit séjour à Pondichéry, Auroville & Mahabalipuram (Inde)

Je devais passer par Chennai pour aller de La Réunion au Sri Lanka. Mon amie voulait découvrir l’Inde où elle n’était jamais allée. Nous nous sommes donc donné rendez-vous à Chennai. De là, la même journée, nous sommes allées à Pondichéry où nous avons passé huit jours.

L’idée était de visiter cette petite partie de l’Inde en partie francophone – quoique vraiment plus beaucoup -, ses bâtiments historiques, de découvrir l’ashram de Sri Aurobindo ainsi qu’Auroville, la ville fondée par Mère, la compagne spirituelle de Sri Aurobindo.

Vous trouverez beaucoup de photos en fin d’article

Les jolies maisons du quartier français à Pondichéry et le centre ayurvédique de l’ashram

L’ashram de Sri Aurobindo à Pondichéry

J’avais une idée préconçue d’un ashram, pensant à celui d’Osho à Puna notamment. Je croyais arriver dans un domaine avec différentes salles et espaces de rencontres dont une où j’aurais pu m’asseoir et méditer quelques temps chaque jour. J’avais besoin de me ressourcer, de prendre du temps pour moi, de silence.

A la première visite, j’ai découvert la cour, la tombe, la librairie et l’office où se vendent les photos des maîtres des lieux. On m’a vendu une carte de la ville et de tous les bâtiments et départements faisant partie de l’ashram pour 5 roupies et je suis repartie.

A la deuxième visite, je suis entrée à nouveau dans la cour où se trouve la tombe de marbre de Sri Aurobindo et Mère où se prosternaient des fidèles. J’ai fait le tour en suivant à la queue-leu-leu et on m’a ensuite invitée à m’asseoir sous le porche des entrées de chambres qui donnent sur la cour pour méditer.

J’ai pris le temps de méditer un bon moment avant de me lever et d’aller, curieuse comme je suis, demander à un monsieur qui gardait un portail « No entry », s’il y a une salle de rencontre/méditation dans cet ashram.

Le monsieur, très gentil, m’a demandé si j’avais médité dans la cour. J’ai compris, à sa façon de questionner, que si je ne l’avais pas fait, je n’aurais pas accès à autre chose dans cet endroit. Il a ensuite compris ma demande et m’a expliqué qu’en fait, il n’y a pas ce genre de salle dans ce bâtiment mais un espace où Mère rencontrait les gens de l’autre côté de du portail qu’il m’a gentiment ouvert en me permettant d’aller visiter. Il m’a aussi expliqué que, dans cette partie de l’ashram, soit un grand bâtiment avec plusieurs chambres/appartements, habitaient des amis proches de Mère et Sri Aurobindo. A leur décès, les lieux n’ont pas été reloués et il reste à peine 4 ou 5 personnes qui vivent encore là.

Je suis sortie du bâtiment bredouille. Je ne comprenais rien et personne ne pouvait m’expliquer clairement. Où se trouvent les « disciples », les salles d’activités, de yoga, méditation, etc…. ? J’étais tellement déçue…

Ce n’est que plus tard, à discuter avec des personnes rencontrées lors de visites organisées par un des organismes de l’ashram, que j’ai compris que l’ashram est en fait toute une partie de la « ville blanche » qui comprend de nombreux bâtiments. Les personnes qui désirent venir à l’ashram doivent rester pour au moins dix jours et ont alors accès à des espaces qui restent fermés aux visiteurs comme nous.

J’en ai fait mon deuil, déçue, en me disant que je trouverais peut-être cet espace à Auroville…

Le Matrimandir à Auroville

Nous sommes parties de Pondichéry le lundi matin grâce à une petite organisation reliée à l’ashram trouvée par hasard, Autocare Services. Une fois là-bas, on nous a indiqué un bureau où on nous a donné un carton jaune avec notre inscription pour la visite du Matrimandir qui serait pour nous… vendredi suivant. Heureusement qu’on restait quelques jours à Pondichéry.

Arrive le vendredi. Arrivées à l’entrée du parc où se trouve le Matrimandir, on nous demande de nous délester de tous nos biens à la réception (donc aucune photo possible). On nous amène ensuite à l’ombre d’un grand bouquet d’arbres où le guide nous raconte l’histoire de la création de ce gigantesque monument.

L’énergie de ce lieu est assez phénoménale. En arrivant sur le site, à quelques centaines de mètres de cette grande boule dorée, on sent une douce et grande puissance nous envahir… La visite est silencieuse, en douceur.

On commence par entrer dans un couloir étroit qui nous fait passer devant une des salles de méditation sise dans chacun des 12 pétales entourant la grande boule. Lumière tamisée irisée couleur UV blanche. Murs et sol blancs. L’impression d’être dans une soucoupe aseptisée volant dans un autre espace de la galaxie. Mon premier feeling : me retrouver sous un arbre au calme pour méditer. Besoin de nature, de sentir la terre, d’ancrage.

Après nous avoir fait enfiler une paire de chaussettes blanches, nous empruntons tranquillement l’espèce de long pont de béton blanc qui tourne en 180 degrés et monte jusqu’à l’immense salle ronde de marbre blanc située en hauteur. C’est là que nous nous asseyons pour méditer autour du cristal, cette boule qui reçoit la lumière du soleil par un trou du plafond et crée des reflets. Un temps de recueillement et de ressourcement dans un silence presque total. Une belle expérience, enfin, une vingtaine de minutes seulement.

J’aime cependant vraiment plus être dans une aire avec des fenêtres même si la salle est immense. La seule lumière qui y entre vient du petit « trou » en haut qui amène la lumière au cristal. Mon petit côté claustrophobique ajouté à un besoin viscéral d’espace ne collaborent pas très bien avec un tel espace ;-).

Solitude, ferme écologique d’Auroville

Après cette visite, j’ai retrouvé Claire, une amie bretonne en visite chez ses cousines auroviliennes, presque nées sur cette terre il y a une trentaine d’années. Nous sommes allées visiter la ferme écologique Solitude où Krishna McKenzie, son fondateur et passionné de permaculture et de vie en communauté, nous a emmenés faire un tour dans les plantations.

Krishna nous a expliqué la force de la permaculture et des plantes si simples qui offrent tant dans notre alimentation. Aucun pesticide n’y est employé puisqu’ils n’ont pas de soucis de ravageurs, l’équilibre naturel se faisant tout seul.

Nous avons mangé ensuite un délicieux « thali » bio au restaurant de la ferme (thali = plat de riz ou autre céréale accompagné de divers accompagnements – photo du milieu ci-haut).

Instruments de musique

Dans un autre quartier d’Auroville, nous avons découvert Svaram, une manufacture et une boutique d’instruments de musique créés par un artisan. Chimes, didgeridoo en colimaçon, djembés, harpes et autres instruments parfois farfelus y sont à découvrir. Nous avons notamment joué à deux sur l’immense xylophone de marbre noir au son magnifique. Envoûtant et enlevant…

Après cette belle journée de visites, nous avons compris qu’il est possible de sortir des contraintes serrées qui sont imposées aux visiteurs pour ce qui est de la visite du Matrimandir en décidant, notamment, de se rendre sur place et en revenir soi-même, ce qui permet de prendre le temps de visiter le village par soi-même à pieds, en moto, en rickshaw ou en auto.

Nous avons aussi compris que nous ne pouvons pas participer aux activités auroviliennes si on ne reste pas sur place pour un séjour de dix jours ou plus, après soumission de demande avec dossier complet. Auroville n’est pas pour tout le monde. Je suis contente d’avoir visité une fois dans ma vie.

A découvrir : les délicieuses crèmes glacées faites maison et les brownies au Dream’s Cafe derrière le Visitor Center !

Mahabalipuram

Après avoir passé huit jours à Pondichéry, nous avons décidé de nous arrêter à Mahabalipuram à mi-chemin de Chennai. On nous avait conseillé d’y aller pour aller voir, notamment, le « Butterball« , le gros caillou qui tient tout seul sur un rocher en pente ainsi que divers temples anciens.

C’était dimanche, Jour de la République. Les chemins étaient tous complètement bloqués par le trafic. La visite s’est faite rapidement avant d’aller nous installer à notre hôtel.

Notre rickhsaw, Prasanth, nous a conseillé d’aller manger au restaurant Nautilus sur la rue principale, en nous disant que le propriétaire est son père de coeur. C’est donc là que nous sommes allées manger le lendemain en compagnie d’une petite mendiante gitane avec qui nous discutions sur la rue.

Jacky avec Sahil (à d.) et son frère (à g.)

Jean-Jacques (Jacky pour les Indiens), le propriétaire, nous a accueillies agréablement en nous racontant sa vie et le fait qu’il connait tous les mendiants de la rue, qu’il en a aidés et aide encore beaucoup, et qu’il a pris sous son aile, avec son épouse indienne, trois garçons de parents pauvres qui sont venus vivre chez eux tout petits, dont Prasanth, le chauffeur de rickshaw. C’est un homme d’une grande ouverture d’esprit et générosité. En plus, sa ratatouille est vraiment délicieuse !!! Le reste aussi mais disons que trouver de la ratatouille, et bonne en plus, en Inde, est plutôt rare !

J’ai senti, dans ce village de bord de mer, un peu la même énergie plus cool de vacances qu’à Varkala, où j’étais il y a deux ans à la même époque. Peut-être parce que, là aussi, on trouve des boutiques à touristes avec les même choses qu’un peu partout, notamment les objets du Tibet et du Cachemire.


Plage de Mahabalipuram, dimanche matin

Retour à Chennai

C’était la dernière journée, retour à Chennai où mon amie Julie nous a offert une nuit dans un grand hôtel. Après la poussière, les bruits, les odeurs pas toujours agréables et la foule des derniers jours, cela a fait du bien de décanter tranquillement pendant près de 24 heures dans cet espace cosy.

L’Inde était, pour moi, mythique et elle le sera toujours. C’est là que, en 1982, j’ai senti, pour la seule et unique fois de ma vie, des racines s’enfoncer dans la terre sous mes pieds, comme si c’était MON pays. Pourtant, aujourd’hui, rien ne m’y attire plus longtemps que quelques jours. Je trouve lourd et fatigant, agressant parfois, et j’aime infiniment plus la douceur du Sri Lanka…

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De tout coeur

© Dominique Jeanneret
Thérapeute holistique

© Reproduction interdite – texte et photos – sous n’importe quelle forme, en tout ou partie, sans mon autorisation.

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Pondichéry

En sortant de l’ashram, nous nous sommes baladées dans le parc longeant la grande résidence blanche du gouverneur de Pondichéry. Nous avons ainsi rejoint le bord de mer en passant par un petit marché de vendeurs de toutes sortes de choses à manger.

 

Après une bonne boisson de gingembre, menthe et miel dans de l’eau minérale – délicieux ! -, la nuit est tombée. Des centaines de personnes se sont alors retrouvées sur la rue du bord de mer pour terminer leur journée, rue devenue alors piétonne. Le bonheur du calme et la bonne odeur de la mer après le bruit et les odeurs d’égoût de la ville !

 

Petit tour à la découverte des différents départements reliés à l’ashram de Sri Aurobindo, dans le joli quartier français : papier fait à la main à base de coton recyclé, batiks, tissage, broderie, etc. Nous avons terminé par le centre ayurvédique où un charmant docteur nous a accueilli avec un beau sourire dans une vieille officine où tous les médicaments sont faits sur place.

Mahabalipuram

Après 8 jours à Pondichéry, qu’on n’a pas vu passer, ce fut le départ en bus ce matin pour Mahabalipuram, à 2h30 de route. Heureusement, le bus n’était pas plein !!! Les valises ont été casées dans le petit coffre du rickshaw jaune et on s’est entassées les deux sur le siège avec le reste des bagages. Une fois dans le bus, les valises ont été installées à l’avant.

 

Nous avons passé un beau moment en compagnie de ces jeunes qui ne vont pas à l’école pour vendre des colliers et quêter à manger. En 20 ans, J-Jacques nous a dit avoir été capable d’en envoyer 3 seulement à l’école et faire des études. Les gitans n’ont pas la même mentalité que nous. D’autres vendeurs de « bébelles », comme on dit au Québec : colliers, barbapapa rose dans des sacs en plastique, et petits sacs faits dans des retailles de saris. Julie fait des calins à la vache et biquette déguste un collier des fleurs au temple…

De très jolies maisons dont la devanture est gâchée par les installations électriques. Suis pas sûre que EDF ou Hydro Québec seraient aux normes ici… ou l’inverse

 

Sur les bords des chemins dans les endroits passant, surtout le week-end, on trouve des marchands ambulants de fruits, snacks, noix de coco, fruits, etc… A midi, un bon thali sur une feuille de banane. Un thali est en fait un plat de riz avec plusieurs petits « carrys » de légumes, dhal, viande si désiré, curd (yoghourt de lait de buffle) et autres surprises plus ou moins épicées.

 

Quelques maisons de Mahabalipuram. Hôtel, boutique avec une petite échoppe de fruits (photo de droite), fleur dessinée à la craie devant une maison (il y en a devant beaucoup de portes dans cette région), la panneau électrique à la réception de notre hôtel , le bureau du Dr. ayurvédique (qui attend ses clients assis sur la chaise )

 

 

10 thoughts on “Petit séjour à Pondichéry, Auroville & Mahabalipuram (Inde)

  1. A toi Compagne de route depuis 10 ans, virtuelle et pourtant assidument quotidienne
    toujours là au début de mes journées, un MERCI à la mesure de tes partages
    Que la lumière soit au rendez vous de ton parcours étape par étape !

    1. Wow merci beaucoup Marie Claude, ton message me touche beaucoup !
      Je sais que beaucoup de monde me suit mais c’est toujours un plaisir de découvrir qui est là !
      Que le meilleur soit pour toi !

  2. Merci Dominique!!!
    Grace à ce joli article j’ai eu l’impression d’y ètre vraiment!!
    Les photos,la vidéo me laisse imaginer et deviner l’ambiance unique de l’Inde ou j’ai eu la chance de me rendre il y a 20 ans en arrière déjà!!
    Merci encore!!

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