Nouveau départ


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C’était hier le départ de la maison où j’ai passé plusieurs mois cette année au bord de la rivière des Mille-Iles à Laval au Québec. Cela faisait plusieurs jours que j’alternais entre le tri de mes affaires – dont celles que je donnais -, ma valise pour le prochain départ, le ménage, la compta, la promo pour mes stages, etc. et que je me sentais vraiment stressée. « Je dois déjà refaire mes bagages et repartir… ».

J’étais fatiguée et je n’avais, bien au fond de moi, pas envie de partir. J’avais fini par admettre que j’en ai assez d’être SDF, de bouger tout le temps sans avoir de port d’attache où me retrouver dans mes affaires, seule, à vivre à 100 % comme j’ai envie sans avoir besoin de faire attention à personne ni aux biens d’autrui chez qui je vis. Je respecte beaucoup les gens et je ne veux pas déranger mais je vis avec/chez d’autres personnes en permanence depuis 4 ans – avec qui je dois m’adapter bien évidemment – et là, mon coeur, mon corps et mon âme en ont clairement assez.

Il faut dire que j’ai aussi eu tout un choc avant-hier en appelant le courtier pour mon assurance-voyage. J’ai passé le cap des 55 ans cette année – 56… – et je passe donc dans une catégorie plus chère. Au lieu de 600 $ environ, j’ai dû payer 1157 $CA pour 6 mois de voyage.

D’ici l’an prochain, je vais faire en sorte d’obtenir une carte de crédit qui offre cette assurance complète, tel que me l’ont suggéré des amies. Cette nouvelle financière m’a quand même ajouté un stress pas désiré du tout.

Entrepôt

A gauche, ce qui est retourné à l’entrepôt et, à droite, ma valise et mon sac à dos qui m’accompagneront dans les mois à venir.

Le proprio de la maison où j’habitais m’avait proposé de me prêter son gros pick-up pour n’avoir à faire qu’un voyage à l’entrepôt – au lieu de deux avec ma petite auto – pour y laisser ce que je n’emporte pas avec moi en voyage. J’avais accepté avec plaisir et gratitude. Il devait être là à 11h. Il est arrivé à 13h. Deux heures de retard.

A 13h30, je partais pour l’entrepôt. Le GPS m’a dit que la route allait me prendre 50 minutes. J’ai mis 1h25 pour arriver. « Monter dans le nord » – les Laurentides depuis Montréal – est l’enfer tous les jours à l’heure de pointe du retour à la maison mais là, à 13h30… Je n’en revenais pas des bouchons sur une autoroute à 4 voies.

Le temps d’empiler mes affaires dans mon garde-meubles après plusieurs voyages entre le camion et mon local au premier étage (à bouts de bras, seule avec mon petit dolly et sans ascenseur), de suer à grosses gouttes avant de discuter avec le gardien devenu un ami avec les années – avec qui je fais la promotion de maisons à vendre dans les Laurentides -, et je suis repartie à 16h.

Le retour a été plus facile vu que j’allais à l’envers du trafic et que j’ai pris les petites routes de campagne.

Arrivée à 17h15 à la maison, j’ai discuté un peu avec le proprio, se dire « au-revoir et prends soin de toi et on reste en contact ». J’ai finalement tourné la clé pour démarrer la voiture à 17h45.

Rien. Silence. La batterie était à terre sans absolument aucune raison. A n’y rien comprendre – sinon que mon coeur ne voulait pas partir et/ou que ma propre batterie était à terre. C’est vrai que je me sentais très fatiguée.

Heureusement, le proprio avait des câbles. Je suis finalement partie à 18h.

Québec

J’ai pris l’autoroute pour Québec. J’avais près de trois heures de route à faire. Complètement crevée par ces dernières journées sur le stress et cette journée plutôt physique à transporter des boites et faire des heures de route.

Sur le bord de l’autoroute, un panneau publicitaire apparaissait de temps en temps. « Mort de fatigue. Arrêtez-vous avant ! ». Je ne pouvais pas m’arrêter. Je devais me rendre à Québec où, là, je prendrais trois jours de congé. J’ai respiré, médité, me suis recentrée et réénergisée, j’ai retrouvé de la joie à l’idée du nouveau voyage que je vais entreprendre bientôt mais, d’ici là, je sentais que j’avais vraiment besoin de repos.

En arrivant à Québec, j’ai sorti ma valise de l’auto. Celle qui m’a accompagnée ces deux dernières années. La poignée m’est restée dans la main, cassée. Je me doutais qu’elle s’en allait doucement mais pas à ce point. J’espérais ne pas avoir à faire encore une telle dépense, surtout.

Signes et messages

Au fur et à mesure que la journée avançait, je me suis demandée ce que tous ces signes voulaient me dire. Les réponses étaient invariablement que c’étaient des messages d’avertissement de prendre soin de moi, que j’avais eu assez de stress. Que j’ai besoin d’un chez-moi fixe et bien à moi, aussi.

Je me suis quand même demandée si tous ces signes vécus hier voulaient dire que je ne devais pas partir en voyage, au point que ma valise casse ? Je ne le sens pas et je ne veux pas mettre d’énergie dans cette pensée. Je sens plutôt une grande fatigue due au stress de ces deux dernières semaines.

Quelques jours chez mon ami à Québec me feront du bien. Je me réjouis de repartir dans le monde et retrouver tous les gens et endroits que j’aime, et en découvrir d’autres. J’ai hâte d’animer mes stages en France, au Maroc et à la Réunion. Des moments de bien-être que j’adore.

Ce furent quand même quelques signes « spéciaux » que j’ai eus hier. J’ai écouté mon corps et mon coeur aujourd’hui. Je suis allée m’acheter une nouvelle valise, une brosse à dent et ai passé la journée tranquille à la maison. Je n’ai même pas ouvert l’ordinateur avant ce soir, pour vous raconter.

Ça fait du bien de décrocher de temps en temps ! En prenez-vous le temps ?!

De tout coeur

©Dominique Jeanneret

 

 

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2 thoughts on “Nouveau départ

  1. Ouf!!! Que d’aventures ma chère Dominique. Je te comprends de vouloir te déposer, ta route, bien que très belle et enrichissante, n’est pas de tout repos. Les messages sont clairs et celui qui me parle le plus est « Mort de fatigue? arrêtez-vous! » je le vois non pas pour ta route en voiture mais pour ta route, l’autoroute de ta vie.
    Bonne route.

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