A toutes les mères qui n’ont pas eu d’enfant

A toutes les mères qui n'ont pas eu d'enfant 1

Alors que je venais d’avoir ma première relation sexuelle, une affirmation s’est subitement affichée dans mon esprit : « Il est maintenant possible que tu tombes enceinte ». Instantanément, une autre affirmation est venue répondre à la première : « Je n’aurai jamais d’enfants ».

Je n’ai pas compris tout de suite pourquoi cette réponse était venue si clairement et rapidement à mon esprit. J’ai alors clairement senti quelque chose se placer physiquement à l’intérieur de moi pour ce « miracle » de la nature ne se produise jamais. Comme une clé qui venait de fermer la porte de ce chapitre possible.

Plus tard, j’ai compris que je ne voulais en aucun cas risquer de faire vivre à mes enfants ce que j’avais vécu. L’abandon, le rejet et la violence. Je ne savais pas ce qu’était l’amour. Je ne voyais pas comment j’aurais pu en donner alors et je ne m’en sentais pas capable de toute façon.

Bien plus tard, j’ai compris que j’avais un enfant dont je devais m’occuper absolument avant tout autre : le mien, moi, et ce fut le chemin que j’avais choisi dans cette vie-ci.

Aussi, je ne me voyais pas être dépendante d’un être toute ma vie. J’admire avec un très profond respect toutes les mamans (et les papas) pour leur dévouement, leur patience, leurs sacrifices afin de rendre la vie de ces petits êtres la plus heureuse qui soit mais je n’en aurais jamais eu la patience. Au moins, j’ai toujours été honnête avec moi-même plutôt que de faire vivre à un enfant ce que je n’aurais pas pu lui donner.

Par ailleurs, depuis l’âge de cinq ans, j’ai vite appris que je devais être là pour ma maman. J’ai été la mère de ma mère jusqu’à sa mort. J’ai aussi été la mère de plusieurs de mes conjoints jusqu’au jour où j’en ai eu assez, à l’âge de 44 ans. J’aurai toujours ce côté maternel mais je ne suis aujourd’hui plus au service ni soumise comme je l’ai été longtemps à cause de ma dépendance affective due à mon enjeu d’abandon.

Arrivée au Québec en 1986, la première personne que j’ai consultée a été une numérologue. Elle m’a clairement affirmé que je n’aurais pas d’enfants dans cette vie-ci, que j’avais déjà eu tous les enfants que j’avais à avoir dans mes vies passées. Plus tard, à diverses occasions, des personnes ont passé dans ma vie et j’ai vraiment eu l’impression que c’étaient des enfants que j’avais déjà eus. Ce lien d’amour si clair, un lien fluide et présent entre eux et moi mais un lien de liberté, pas d’attachement.

Dans la trentaine, mon horloge biologique a quand même sonné deux fois mais le conjoint n’était alors pas le bon et je savais que je ne terminerais pas ma vie avec lui. J’ai fait deux fausses-couches spontanées dans ces années. Je ne prenais plus la pilule depuis l’âge de 24 ans.

La Fête des Mères

C’est aujourd’hui la Fête des Mères en France. Ce l’était début mai au Québec et en Suisse. A chaque fois, cela me ramène à mon état de « non-maman » dans cette vie-ci. Quelque chose en moi me chatouille sans pouvoir nommer le sentiment ni l’émotion très subtils qui passent rapidement alors. Déception, tristesse, solitude, peut-être. Je ne saurais dire.

Cette fête me ramène à la même question chaque fois : suis-je heureuse de mon choix de ne pas en avoir eus ? La réponse qui revient ensuite vient me conforter car elle est très claire : oui, à 100%.

Quand ma mère me demandait quand j’allais avoir un enfant, quand j’étais dans la vingtaine, je ne pouvais pas lui répondre clairement. Juste que je ne savais pas. Et puis, un jour, elle a vraiment insisté et je lui ai mis alors les choses au clair : je n’en aurais jamais. Elle a compris et ne m’en a plus jamais parlé. Une des raisons que je lui ai alors donnée étaient que mon corps avait assez souffert. Plusieurs graves maladies et des accidents m’avaient fait sentir les douleurs les plus vives. Je n’en voulais plus, pour rien au monde. Encore aujourd’hui, juste à voir une femme accoucher dans une série TV me confirme dans cette autre raison.

Certains pensent qu’une femme qui ne met pas d’enfant au monde est égoïste. Oui, certainement, mais je trouve beaucoup plus sain cet égoïsme qu’une femme qui veut absolument un enfant pour combler un vide intérieur, comme il y en a malheureusement beaucoup. Ceci dit sans aucun jugement car, de toute façon, tout petit être qui vient au monde choisit ce chemin de vie et les personnes qui vont l’y accompagner. De même, tout parent a un chemin de vie à faire avec ce petit être qui vient pour l’aider à grandir.

J’ai beaucoup plus l’impression d’avoir respecté ces enfants que j’aurais pu avoir en ne les ayant pas eus car je sais que je n’avais pas l’amour, les capacités ni la patience pour les accueillir.

D’autres enfants

Tout au long de ma vie, je me suis occupée d’autres personnes. Mon coté maternel (et maternant, quand j’étais plus jeune), m’a fait travailler auprès des personnes âgées, en psychiatrie puis simplement avec mon entourage et ce, depuis très jeune. J’ai été la psy de plusieurs de mes amies, de ma mère, de gens qui venaient à moi spontanément…

En 1997, j’ai ouvert mon premier site web, Bonjour chez Do (qui n’est plus en ligne) où je partageais des outils de cheminement personnel. Puis mon blog Chemin de Vie en 2005, puis le blog Réussir sa vie, devenu Inspirations pour réussir sa vie en 2008, puis tous mes partages sur Facebook depuis 2008. Dans chacun, le désir de partager, d’aimer, d’offrir un moment pour aider à être plus heureux.

Créer un nouvel avenir et réaliser un rêve

Depuis environ deux ans, je sens que j’aimerais transmettre et offrir à une, ou des, jeunes femmes, ou hommes, ce que je suis et sais pour les aider à mieux préparer et vivre leur avenir. Un jeune adulte qui n’a pas la vie facile et qui veut s’en sortir et qui aimerait avoir une sorte de marraine à qui se référer, se déposer et recevoir l’attention et l’amour nécessaires pour mieux grandir et vivre plus sereinement. Un être seul qui a besoin de sentir qu’il ou elle a, quelque part, une famille sur qui compter dans un bel échange de présence. Cela peut aussi être une jeune femme avec un jeune enfant. Je pourrais ainsi lui tricoter de petits chandails ;-).

Si vous connaissez une jeune personne à Québec qui aimerait avoir une telle présence dans sa vie, qui est seule et veut se créer une vie meilleure, faites-moi signe. Je serai heureuse de pouvoir réaliser ce nouveau rêve avec tout mon amour tout en restant chacun dans sa liberté d’être et de vie.

A toutes les mères qui n’ont pas eu d’enfant

Qu’elle ait eu des enfants ou pas, chaque femme est mère, à sa façon, de près ou de loin. Chaque femme, tout comme chaque homme, a un rôle à jouer dans la vie de toutes les personnes qu’elle va côtoyer à travers sa vie. Mère physiquement ou pas, mère de coeur ou mère d’âme, mère proche ou de loin, nous avons tous un rôle dans notre vie. Le choix que nous avons fait de ne pas enfanter a ses raisons et personne n’a le droit d’en juger.

A tous les fils et les filles qui ont une mère

Je viens ici faire un appel à tous ces adolescents et jeunes adultes qui ont décidé de se tenir loin, voire même de couper les ponts avec leur mère (et/ou père). J’ai accueilli plusieurs de ces mères dans mes stages qui venaient pour tenter de comprendre et réparer alors qu’elles ne savaient souvent même pas pourquoi leur enfant avait pris cette distance. Une distance qui les faisait profondément souffrir.

Ces femmes auraient fait n’importe quoi pour comprendre, d’une part, et réparer, si besoin, leurs erreurs. En fait, ces « erreurs » étaient celles reprochées par l’enfant parti qui n’a regardé que son nombril et ses insatisfactions. Pour ces mamans, ces « erreurs » reprochées ne représentaient souvent pas la vraie raison du départ. L’enfant qui croyait mieux savoir que sa mère, qui voulait quelque chose qu’elle ne pouvait pas lui donner. Distance et reproches plutôt que ouverture à la compréhension, à l’échange, à réparer la relation.

Je souhaite de tout mon coeur que ces enfants qui préfèrent rester dans leurs reproches, leur rancune qui les ronge et leur état de victime comprennent que la relation se crée aujourd’hui à deux, leur mère et lui/elle. Ils sont adultes. Ils ne sont plus des enfants. En tant qu’adultes, chacun a le pouvoir de s’exprimer clairement et d’entendre ce que l’autre a à dire et ce, en toute bienveillance et non-jugement, en tout amour.

A tous les parents

De même, je souhaite que tous les parents qui sont encore dans leurs jugements envers leur enfant, leurs reproches, leur rancune qui les ronge et leur état de victime s’occupent de leurs enjeux afin de trouver la paix et l’amour en eux pour pouvoir ensuite la transmettre à leur enfant. Les parents sont des guides et des exemples. N’attendez pas de votre enfant qu’il devienne « meilleur » si vous ne le faites pas vous-même.

Souhaitez-lui plutôt, et surtout, de suivre son propre chemin de vie, ses passions et tout ce qui le rend heureux, que vous aimiez ou pas ce qu’il/elle choisit de vivre. C’est SA vie et il/elle doit la suivre et en recevoir les enseignements lui/elle-même. Soyez là pour lui/elle au besoin mais sans vouloir contrôler ni s’ingérer dans sa vie. Laissez-le s’épanouir et fleurir à qui il/elle est vraiment et vous recevrez alors le plus beau des cadeaux.

Laissez-le vivre SA vie et faites confiance. Il n’est pas toujours possible de le faire et le chemin peut être long, j’en suis bien consciente, mais gardez toujours espoir et foi en lui/elle).

Ma mère

Maman a eu une vie compliquée et difficile depuis son remariage quand j’avais cinq ans mais elle n’a jamais cessé de nous aimer, ses trois enfants. Elle a aussi compris, quand j’avais une quinzaine d’années, qu’il ne servait à rien de me dire que faire ou pas dans ma vie. Plus elle voulait que je fasse les choses à sa façon, « bien » comme le voulait la bonne éducation bourgeoise dans laquelle je grandissais, plus je me sentais contrôlée et dans une boite. La lionne que je suis commençait à rugir mais je ne voulais pas que mon adolescence soit difficile pour ma mère qui en subissait déjà assez comme ça de son mari.

Dépressive, elle était fatiguée et a fini par lâcher prise. Elle a décidé, ce jour-là, de me faire pleinement confiance. Elle n’a ensuite jamais été déçue. Bien des années plus tard, elle m’a dit à quel point elle était fière de moi, de tout ce que j’avais accompli, seule et sans aide. En fait, son aide, la plus précieuse que je pouvais avoir, c’était SA confiance en MOI.

Le jour où elle a décidé de me faire confiance, j’ai enfin pu suivre MON chemin et vivre MA vie. Pour ça ainsi que tout son amour et sa présence, je serai toujours infiniment reconnaissante à ma maman et aurai toujours une pensée d’Amour pour elle le jour de la Fête des Mères… et chaque jour car la fête des mères, tout comme celle des pères, se doit d’être chaque jour de l’année.

Bonne Fête des Mères à toutes les mères du monde !

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De tout coeur

© Dominique Jeanneret
Thérapeute holistique, accompagnante psycho-spirituelle, médium
Auteure de Alice, de l’abandon à l’amour

Reproduction interdite – texte et photos – sous n’importe quelle forme, en tout ou partie, sans mon autorisation.

 

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2 thoughts on “A toutes les mères qui n’ont pas eu d’enfant

  1. Et oui, cela me parle. J’ai été moi-même mère de ma mère et par la suite , psy d’amis, maman de beaucoup d’hommes que j’ai rencontré. Etant auxiliaire de vie, je suis encore dans ce rôle avec des personnes âgées. Une amie m’a dit, il n’y a pas si longtemps : »Tu es une bonne mère nourricière mais pas une bonne mère éducative ». Comme j’ai manqué des deux, je suis capable d’être la première et j’apprends petit à petit la deuxième. Il est temps car je commence à fatiguer et les relations ne sont pas équilibrées. Cela prend du temps et d’acquérir des réflexes que je n’ai pas.

    1. Chère Valérie, on a tant de points en commun !
      Je te souhaite de trouver l’amour et la paix dans ta vie, l’abondance de belles choses et beaucoup de bonheur !
      Au plaisir !

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