La guérison du coeur, un voyage de retour à soi et à la confiance

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Déjà trois jours que je suis revenue au Québec, à Montréal en fait. J’émerge tranquillement, décale mes horaires doucement d’une heure de plus de dodo chaque nuit, réapprivoise ma vie dans ce pays où je vis depuis presque 30 ans.

J’avais un peu d’appréhension, après ces six derniers mois remplis de belles rencontres et plein d’amour, de revenir dans ce pays où j’ai vécu une grande partie des années difficiles de ma vie, notamment la dernière où il y a eu un clash après des années de calme. Disons que je n’attirais plus de gens pouvant créer des conflits jusqu’à l’an dernier. J’avais encore des choses à guérir.

Quand j’étais à l’autre bout du monde, au Sri Lanka puis en Europe, ces derniers mois, et que je pensais au Québec, à la date de retour, je me disais « Je n’ai pas envie de retourner là-bas. Les trahisons vécues l’été passé, le manque de support reçu quand j’étais seule et en difficulté, etc., ne me donnent absolument pas envie de me retrouver avec ces gens. J’ai reçu tant de soutien et d’amour depuis novembre dernier que je ne sais pas ce que je vais faire au Québec ! ».

Bien sûr, trois personnes de qui je me suis laissé traiter de manière négative ne représentent pas le monde entier, ne sont pas mes amis et ne resteront pas dans ma vie mais, quand on a mis une vie à se forger sa propre confiance qu’on peut être aimée et aimer sainement, à développer tout doucement une confiance en les autres, celle-ci peut se briser en un quart de seconde. C’est ce qui s’est passé l’été dernier avec mon coeur.

Retour au coeur et à la confiance

Long est alors le chemin pour refaire confiance, SE refaire confiance qu’on peut faire confiance en les autres. J’ai mis deux mois pour y arriver sans tout comprendre. Mon coeur saignait mais je n’analysais pas. J’étais fatiguée et je savais que les réponses allaient arriver quand je serais prête. Je faisais juste prendre soin de mon coeur et m’accueillir à passer du temps dans le bunker émotionnel dans lequel je m’étais réfugiée car je ne faisais plus confiance en personne, comme quand j’étais petite, puis ado, puis adulte, jusqu’à il y a une dizaine d’années. J’ai 53 ans.

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Création-offrande d’un participant durant un stage

J’ai passé deux mois à voyager à travers la France, hébergée par des gens magnifiques, où j’ai animé des stages presque tous les week-ends. Malgré ma souffrance lancinante du retour à la solitude de non-confiance dans le bunker de (soi-disant) protection, que je camouflais quand même assez bien, tous les stages ont tous été magiques et guérissants pour tous les participants qui me l’ont témoigné ensuite, comme tous les autres stages que j’avais animés auparavant.

C’est grâce aux regards des participants, à leur gratitude, à les voir avancer, guérir et grandir eux-mêmes dans leur confiance en eux face à leur vie, que j’ai finalement consolidé la blessure de mon coeur qui a été profondément blessé par ce jour d’août dernier où je me suis sentie totalement larguée et trahie par, notamment, quelqu’un en qui j’avais confiance depuis des années.

Au dernier stage de ma tournée d’automne, juste avant de partir pour le Sri Lanka fin novembre dernier, j’ai (physiquement, énergétiquement et émotionnellement) senti mon coeur se cicatriser, la blessure se refermer enfin avec douceur et confiance. L’abcès n’était plus là. Je pouvais reprendre le chemin le coeur ouvert…

C’est là que ma vie a (encore une fois) fait un revirement de 180 degrés…

Récolter ce qu’on a semé

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Fleurs de lotus en offrande à Bouddha dans un temple au Sri Lanka

Le lendemain de mon arrivée au Sri Lanka, j’ai rencontré un moine bouddhiste, Thero*, qui a été d’une gentillesse et d’une générosité, d’un soutien comme je n’en avais jamais eus.

En arrivant en Europe puis au Sri Lanka, j’étais triste, déprimée, je manquais d’énergie et d’entrain, j’avais toujours l’impression – depuis aussi loin que je me souviens dans mon enfance – de porter un poids de tristesse, de lourdeur, que la terre me bouffait ma bonne humeur en me siphonnant par le bas.

J’avais décidé de prendre ces trois mois d’hiver pour guérir ce poids de vie dont je ne voulais plus.

Thero m’a aidée à découvrir la cause de cet état latent puis à m’en débarrasser, par sa présence et ses chants sacrés, tous les matins et tous les soirs durant 21 jours, au temple, juste les deux. Ensemble, nous avons travaillé à déconnecter une lourde vie passée, karmique, que j’avais fini de « payer ».

Je lui ai demandé, avant de commencer ce cheminement, pourquoi il faisait tout ça pour moi. Mon coeur débordait de recevoir tant. « Tu as donné toute ta vie aux autres. C’est maintenant à ton tour de recevoir » m’a-t-il alors dit, ses yeux remplis de compassion déposés dans les miens remplis de larmes de tristesse et lassitude mêlées à de l’infinie gratitude.

Il m’a ensuite offert d’aller habiter chez une de ses amies, avec ses trois filles et sa maman. C’est devenu une nouvelle famille, une soeur du même âge que moi – la maman – et des filles magnifiques. Les soeurs et frères, tantes et toute la famille élargie est devenue un nouvel espace de vie heureuse pour moi.

Tous les habitants du quartier me connaissent. Sans savoir souvent même mon nom, ils savent qui je suis. Ils ont passé le mot dans le village et le moine leur a parlé de moi aussi. On se saluait avec un grand sourire et un signe de la main quand je montais au temple ou en revenais. « Temple ?! » me demandaient certains. « Mama pansal yanava ! », je répondais en riant (je vais au temple, en cinghalais, une des seule phrases que je connaissais alors). Une vie de quartier, de famille, qui m’a fait tant de bien car je n’avais jamais su, ressenti, ce que veut dire « famille » auparavant puisque j’ai vécu seule avec ma mère puis avec son 2e mari violent.

De retour en Suisse, j’ai retrouvé ma soeur, mes cousins, des amies d’enfance toujours là, comme si c’était hier. Une vie de famille et amicale que je ne connaissais pas et qui m’a touchée profondément.

Alors que j’étais sûre, jusqu’à mon arrivée en Suisse en février, que je finirais mes jours au Québec, le fait de reconnecter avec ma vie de jeunesse, ma famille et mes amis en Suisse m’a fait comprendre pourquoi tant de gens retournent finir leurs jours dans le pays où ils ont grandi. Il se pourrait bien que j’aille finalement finir mes jours en Suisse mais, avant, j’ai encore bien des voyages à faire !

De retour au Québec

En décembre dernier, j’ai appris que l’horaire de mon avion de retour au Québec était retardé. Puis nouvelle une fois en février.

J’ai commencé à regarder les annonces et à en déposer sur Facebook et ailleurs pour me trouver un logis mais aucune réponse ou annonce intéressante à Montréal ou alentour.

L’ami qui devait venir me chercher à l’aéroport ne pouvait finalement plus.

A l’aéroport à Paris, un interrogatoire bizarre au check-in de ma valise. La dame me faisait parler de toutes sortes de choses qui ne la concernaient pas et je ne comprenais pas. J’avais mal dormi. Je lui ai dit que j’en avais assez de ses questions qui n’avaient pas rapport avec mon voyage. C’était la procédure, m’a-t-elle dit. Elle a appelé son supérieur. Ils ont décidé que mon bagage allait être fouillé puisque je ne voulais pas répondre aux questions. Arrivée à l’embarquement d’avion, mes petits bagages ont été fouillés de fond en comble et moi passée aux doigts agiles de l’agente. Les livres sur la danse et le bouddhisme et les objets sacrés contenus dans ma valise les ont convaincus que je n’étais pas une terroriste !

Tout coinçait à mon retour au Québec. Outre le fait de recroiser éventuellement ces personnes de qui je me suis sentie trahie, je me disais que j’allais encore m’y retrouver seule, comme toutes ces dernières années, alors que ma famille et mes amis en Europe et au Sri Lanka m’ont demandé pourquoi je ne restais pas avec eux ?! Parce que j’ai des choses à vivre et à régler au Québec…

Je me demandais si j’allais revivre la même vie de solitude qu’avant ce grand voyage ou, si j’ai pu vivre tant de belles choses et de belles relations durant ces six derniers mois, j’allais pouvoir continuer à les vivre aussi au Québec. Si mon énergie/attitude a changé du donner au recevoir (tout en continuant à donner bien sûr, on ne peut jamais s’arrêter de donner !), elle va aussi attirer la même chose peu importe où je vais, non ?!

Dès mon arrivée au Québec…

J’ai eu un accueil généreux et bienveillant d’une nouvelle amie à mon arrivée à l’aéroport et qui m’a hébergée chez elle car la voisine avait oublié de laisser la clé de l’appartement où je devais aller sous le paillasson.

Elle m’a amenée à Lachute hier où mon auto a passé l’hiver bien au chaud dans une vieille grange chez d’autres amis. Toute contentes de nous retrouver, Cocotte a ronronné au tour de clé et je suis repartie sur les routes mais, cette fois, non pas en train ou en bus comme quand je suis en voyage, mais dans ma petite auto jaune qui fêtera ses 12 ans en octobre et qui roule toujours comme une jeunette.

En deux jours, j’ai déjà vu quatre amis dont un déjeuner avec un, un souper avec deux autres. Je vais passer le week-end à Québec chez un autre et j’ai des rendez-vous pour la semaine prochaine, des propositions de collaboration, des cours en vue. Je ne suis plus seule au Québec :).

Grâce au cheminement avec mon moi-même et le travail de nettoyage karmique avec Thero, mon énergie a changé, mon attitude s’est transformée et j’ai bien l’impression que je vais découvrir que j’ai une vie merveilleuse au Québec aussi, entourée d’amis magnifiques.

Mon coeur blessé depuis toute jeune a finalement laissé couler le restant de peurs et de souffrances, grâce à cette profonde trahison l’été passé qui a fait explosé le restant de douleurs qui y sourdait, pour enfin se cicatriser et faire confiance en la vie, en les gens, en l’amour, la générosité, la bienveillance, pour accueillir et recevoir tellement depuis…

Merci à ces trois personnes l’été passé de n’avoir pas vu mes souffrances – mais juste leur ego – et de m’y avoir replongée, par leur trahison, une dernière fois. Cela m’a permise de guérir et, enfin, que la vie se tourne vers moi et non plus juste de moi vers les autres…

thero-400x311Thero sera au Québec en juin, en Suisse en août et en Bretagne (France) en septembre prochains. Je coanimerai avec lui au Québec et en France. Vous avez tous les détails des programmes dans son site www.kusalathero.com.

Ayubowan**, avec Amour

Do

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** Je vous souhaite longue vie / bonjour ou au-revoir.
Salutation principale au Sri Lanka (où on ne dit pas Namasté)

 

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5 thoughts on “La guérison du coeur, un voyage de retour à soi et à la confiance

  1. C’est touchant! Et j’adore.
    Bravo Dominique! Par cette article, je perçois que toutes vos expériences, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, participent à quelques chose de mieux dans votre vie. Dans mes mots, je dirais qu’à la suite d’évènements désagréables, vous parvenez à trouver un sens à vos expériences. Sans comprendre trop pourquoi et c’est aussi mon cas présentement. Beaucoup d’énergie sont consacrées sur les blessures anciennes et peu sur ce que nous souhaitons vraiment dans notre vie. Notre environnement est rempli de distractions qui nous empêchent d’explorer l’essentiel; soit d’écouter et de comprendre l’état de notre monde intérieur qui influence notre réalité extérieure. Par votre persistence à vous concentrer sur vos intentions, vous êtes parvenue à créer ce que vous souhaitiez réaliser. Votre article est porteur d’espoir et redonne le goût à la vie. Il me prouve qu’en étant attentif à notre monde intérieur, avec du soutien et en choisissant de consacrer notre énergie à oeuvrer pour réaliser nos objectifs, nous pouvons manifester nos souhaits les plus profonds. Alors, j’ai bien l’intention de poursuivre mon cheminement de guérison en prenant un rendez-vous avec vous, Dominique. Malgré les épreuves, maintenons le cap sur la joie de vivre et de créer sur cette belle planète. Merci!

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