Renouvellement de visa de touriste au Sri Lanka

Légende en bas de l’article

Quand on arrive au Sri Lanka en tant que touriste, on ne peut recevoir qu’un visa d’un mois, l’ETA. Si on désire rester plus longtemps, c’est relativement facile en autant qu’on prenne une journée pour aller à Colombo au bureau d’immigration situé à Battaramulla, un quartier dans l’est de la ville.

Aujourd’hui était la troisième fois, pour la troisième année, que je suis allée renouveler mon visa de touriste. En voici les étapes, juste pour le plaisir (quand on attend, on a le temps d’écrire !).

6:30 – Départ de la maison dans le sud de Colombo. Je dois prendre 2 autobus. Arrivée à 7:30 à Bataramulla dans le nord-est de la ville, à quelques pas du bureau d’immigration. On me dit que le bureau des visas ouvre à 8h30 mais j’ai un feeling….

Je m’engouffre dans l’échoppe d’un des trois photographes sur le chemin vers le bureau d’immigration, celle où les rabatteurs sont le moins insistants et où le sourire est honnête. 250 LKR (roupies = env. 2 $CA) et 10 minutes plus tard, j’ai mes 4 photos.

Petit déjeuner dans un petit troquet sur le chemin. Un thé et un « bun » (petit pain de mie blanc) avec une saucisse et une rondelle d’oignon. Rien de sucré le matin au Sri Lanka.

Pour se rendre au bureau d’immigration, on doit entrer par la porte principale, à gauche, aller au fond de cette salle, traverser la cour, monter les escaliers et entrer dans le bureau d’immigration comme tel. On monte au 4e étage avec les ascenseurs de droite. Ceux de gauche vont du 9 au 18e.

8:00 – Mon feeling était bon : le bureau des visas est déjà ouvert même si les personnes à qui j’ai demandé m’ont dit 8:30.

Je demande le formulaire à la réception dans le couloir en entrant, là où tout le monde fait la queue pour avoir son numéro de dossier. Je remplis le formulaire sur un petit comptoir au mur et fais ensuite la queue pour avoir mon numéro.

8:15 – La réceptionniste regarde mon formulaire qu’elle me redonne avec mon passeport ainsi qu’un ticket avec mon numéro. Elle me dit de me rendre à la salle d’attente à côté. C’est l’étape de la section A.

8:19 – Je colle ma photo sur le formulaire avec un bâton trempé dans une colle vert fluo, installé en haut des armoires à dossiers à côté de la réception de la section A avant de m’asseoir dans la salle d’attente. La dame derrière le comptoir semble attendre 8:30.

8:31 – Message de bienvenue en trois langues au haut-parleur. Tout le monde se lève, le temps de l’hymne national.

8:35 – La cloche annonçant les numéros commence à sonner toutes les 20-30 secondes… puis silence pendant 5 minutes. Les gens se pressent au comptoir. La réceptionniste écrit qqch sur le formulaire puis le redonne.

8:42 – La cloche sonne et mon numéro s’affiche à l’écran. C’est mon tour. La dame passe mon ticket devant le petit écran lumineux qui fait biiiiiip, comme quand on passe les produits à la caisse du supermarché, et me dit de me rendre à la section B.

8:47 – Je m’assieds à la salle d’attente. C’est l’étape de la rencontre avec l’agent d’immigration.

9:12 – La cloche sonne et mon numéro apparait à l’écran. Je me rends devant la porte derrière laquelle l’agent décidera de mon avenir, enfin d’une certaine façon 😉. Une personne est encore avec lui.

9:15 – J’entre dans le cubicule. Comme d’habitude, l’agent est sans sourire. On dirait que tous les fonctionnaires d’immigration sont drillés pour ne pas avoir d’émotions. Il ne lit même pas mon formulaire. Il se contente de regarder le nombre de mois d’extension que je demande, signe à côté, met le formulaire dans mon passeport puis place les deux sur la chaise à côté de lui.

J’en profite pour lui demander où je peux avoir les renseignements pour avoir un visa de résidence au Sri Lanka. Il lève les yeux sur moi et semble enfin vouloir entrer en contact avec moi. J’en suis presque honorée. Il me demande ce que je veux venir faire au pays puis me dit gentiment que je dois aller à l’ambassade dans mon pays pour faire application. Il me dit d’aller à la section C pour la suite des opérations.

Je me rends à la section C, là où on paie. Il n’y a personne derrière le comptoir.

Chaque pays a un prix différent, ou presque. Pour les Canadiens, c’est encore 50 $US, comme les années précédentes.

9:25 – Je vais me chercher un thé au petit comptoir dans la salle.

9:51 – L’agente à la caisse arrive avec un premier paquet de papiers. Les numéros commencent à s’afficher sur l’écran et la cloche à sonner.

10:02 – Mon numéro s’affiche. Je me mets dans la queue.

10:08 – Je paie 50$US en roupies et reçoit mon reçu. Elle me dit de me rendre à la section D.

10:11 – Je m’assieds à la salle d’attente de la section D, la dernière, celle où on reçoit son passeport. C’est là qu’on va attendre le plus longtemps. J’espère avoir mon passeport d’ici midi car les fonctionnaires vont probablement manger. L’an dernier, tout s’était arrêté entre midi et 13h.

Même si j’étais dans les premiers à donner mon formulaire ce matin tôt, cela ne veut pas dire que je serai dans les premières à recevoir mon passeport.

Tous les quarts d’heure environ, un agent arrive avec une pile de passeports et papiers et appelle les numéros de dossiers.

11:15 – J’ai un creux. Je vais me chercher un petit pain et un thé.

12:12 – Ah ben, suis heureuse de comprendre que les fonctionnaires sont là sur l’heure du lunch, contrairement à l’an dernier. Nouveaux appels de numéros. Je n’y suis pas encore… Je commence à m’impatienter un peu. Je n’aime pas m’énerver. A quoi ça sert, de toute façon ?! Je lâche prise et me remets à mon petit jeu sur mon téléphone.

12:28 – C’est enfin mon tour. L’agent me donne mon passeport étampé d’un nouveau visa jusqu’au 16 mars en me disant « It took long time » avec un gentil sourire un peu désolé. Il n’y peut rien mais a quand même de la compassion. Il avait remarqué que j’attendais depuis longtemps. Enfin un fonctionnaire avec un sourire et une émotion 😉

En conclusion : il est bien mentionné, sur une feuille A4 collée au mur, que le temps pour obtenir son visa est d’environ 4 heures. Plus on arrive tôt le matin, plus on a de chances de l’avoir dans ce délai. L’an dernier, j’étais arrivée vers 9:30 et j’étais sortie de là vers 15:00…

En sortant du bâtiment, je prends l’autobus pour rentrer. Un jeune homme monte dans le bus et explique très gentiment, en cinghalais, la raison pour laquelle il va nous jouer de la flûte. Sa musique met une jolie ambiance dans cette journée d’une profonde platitude… mais j’ai eu mon visa !

Je suis maintenant prête à vivre mon séjour au Sri Lanka en toute légalité jusqu’à mon départ… et à savourer chaque instant !

PS : merci de laisser vos commentaires ci-dessous qu’ils restent avec l’article plutôt que perdus dans Facebook ou ailleurs.

De tout coeur,

Dominique

© Tous droits réservés sur tous mes articles. Vous pouvez les reproduire à condition de ne rien y changer, de mettre ma signature et de laisser ce paragraphe avec le lien vers www.dominiquejeanneret.net. Merci de respecter ainsi mon travail.

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Légende de la photo :
Un moine et des nonnes en train de coller leur photo sur le formulaire de demande de visa.
Table/chaises et lavabo pour se laver les mains au bistrot du petit déjeuner.
Le comptoir de la section C, là où on paie, encore vide.
La vitrine des « buns », petits pains, au comptoir dans la salle.
La salle d’attente de la section D, là où on reçoit son passeport et visa.
Mon passeport
La joueur de flûte dans le bus.

Que veut réellement dire MERCI ?

Depuis tout petit, on nous apprend à dire MERCI quand on nous fait/offre quelque chose. Qu’on aime ou pas le « cadeau », qu’on l’ait demandé ou pas, on doit dire MERCI.

Quand j’étais petite, je réfléchissais beaucoup à la raison et valeur des choses et situations. Cela occupait mes longs moments de solitude d’enfant HP et hypersensible. Par ailleurs, j’ai toujours été fascinée par les agissements des membres de notre humanité. Je questionnais et discutais facilement ses croyances, dogmes et actions.

– Tu veux ceci ?
– Oui…
– Tu me dis le « mot magique » pour l’avoir alors ?
– …. (sentez de la colère…) mmmmmmerci…..

En tant qu’enfant, et même encore aujourd’hui, je bouillonnais quand j’entendais les gens me faire ce genre de chantage.

Vers l’âge de 5 ans, je pense, j’ai commencé à ne plus dire MERCI juste « parce qu’il faut dire MERCI ». Je pense que j’avais décidé, comme cela m’arrivait parfois, de ne plus agir comme un robot qui fait ce qu’on lui dit mais que je commence à réfléchir et à agir par moi-même, provoquant quelques attitudes que certains auraient pu considérer comme « rebelles ». Je ne voulais pas être un mouton et certains dogmes éducationnels me semblaient inadéquats ou pas juste en rapport avec mes valeurs.

Je ne voulais donc pas suivre ces règles sans pour autant créer de chicanes. Je voulais qu’on me laisse réfléchir à ce qui serait le mieux pour moi, d’après moi et non d’après mes « éducateurs » qui n’avaient pas forcément les mêmes valeurs que moi. Déjà à 5 ans, un enfant a sa façon de penser et d’être.

Il me semblait tout d’abord que, si quelqu’un voulait me donner quelque chose, c’était SA décision. En lui disant MERCI, j’avais littéralement l’impression de lui redonner son cadeau. Je ne sentais pas que ce cadeau était vraiment pour moi puisque l’offrant attendait un cadeau en retour : une reconnaissance, de la gratitude. Son « cadeau » n’était somme toute pas gratuit.

Comme cela ne sonnait pas juste pour moi, j’ai décidé de faire une « expérience » : j’ai arrêté de dire MERCI quand on me donnait ou faisait quelque chose que je n’avais pas demandé. Certains auraient pu interpréter cette attitude comme « si tout m’était dû », ce qui n’était pas le cas du tout. Je me sentais tout simplement plus honnête et moins hypocrite.

Une de mes grand-mères m’a cependant dit un jour, d’un air sévère, quelque chose comme « Tu ne dis jamais merci. Ce serait bien que tu le fasses. C’est la politesse et le respect ! ».

Par politesse et respect, j’ai donc recommencé à sagement dire MERCI.

Par mon « expérience », j’avais cependant pu ressentir la différence entre dire MERCI par plaisir de recevoir et reconnaître la gentillesse de la personne qui offre, et dire MERCI par robotisation et devoir. Sacrée différence de feeling…

Bien plus tard…

Plus de 20 ans plus tard, alors que j’étudiais le Cours en Miracles en groupe tous les lundis soirs à Montréal, nous avons abordé le sujet du MERCI.

J’avais parfois cette impression d’hypocrisie quand je disais MERCI tandis que l’autre attendait que je le lui dise alors que moi, personnellement, ça ne me disait pas de lui dire. Je me sentais donc toujours un peu hypocrite dans ces situations mais je suivais ainsi les règles de politesse et de respect et ne créais donc pas de conflits.

Donc, l’animateur a conclu sa dissertation orale, ce soir-là, avec le fait que dire MERCI revenait à redonner ce qu’on venait de recevoir. Que, logiquement, on ne devait donc pas dire MERCI ! Wow, il venait de confirmer mon impression de quand j’étais toute petite !!!

Je me suis ensuite amusée à refaire quelques « expériences » pour voir à quel point les gens s’offusquent qu’on ne réponde pas à leurs demandes conscientes ou inconscientes de gratitude.

Avez-vous remarqué que les gens donnent majoritairement pour recevoir ? Consciemment ou inconsciemment, on attend toujours le MERCI. Pas si altruistes que ça, les humains !!! 😉

Donner pour donner, sans rien attendre en retour, est difficile et pourtant si magique et beau à vivre. J’adore donner à quelqu’un comme si je lançais de l’amour dans l’univers, à l’infini, et tant mieux si quelqu’un l’attrape au passage et que ça le/la rend heureux/se.

Après la remarque de ma grand-mère, j’avais accepté qu’on doit dire MERCI, tout simplement, quand quelqu’un nous donne quelque chose. C’est devenu un réflexe, bien évidemment, comme tout le monde dans notre société. Dire MERCI fait partie de nos conventions occidentales, du respect, de la politesse et d’une bonne éducation.

La gratitude au Sri Lanka

Là où j’ai été bluffée, c’est quand j’ai vécu quelques mois au Sri Lanka. Pas de formules de politesse genre « Bonjour, comment vas-tu ? Tu vas bien, et tes enfants, et ton mari, etc…? et blablabla…. ». Les Srilankais ne s’enfargent pas dans les fleurs du tapis et vont droit au but en toute simplicité. Combien de fois j’ai été surprise de décrocher le téléphone et d’entendre mon amie au bout du fil, sans même me dire bonjour, démarrer la conversation comme si on continuait celle qu’on avait laissée quand on s’était parlées la dernière fois. Pas évident, quand on ne s’y attend pas, de prendre une conversation au vol sans introduction !

Avec mon éducation polie, je dis « Bonjour, comment vas-tu, etc… » mais cela ennuie les Srilankais et je le sens à chaque fois. Ils ont appris à le faire avec les occidentaux mais ce n’est pas dans leur culture et on sent leur maladresse à le faire pour nous faire plaisir.

Le plus bluffant, c’est l’absence quasi totale de MERCI entre eux (mais pas de gratitude !). Là encore, les Srilankais apprennent à dire THANK YOU à l’école au cours d’anglais, parfois à la maison quand ils côtoient des touristes, mais ce n’est pas dans leur culture. Ils ont un mot pour dire merci, istutiyi, mais on l’entend rarement. Ils se reconnaissent et se remercient d’une autre façon.

Avec eux, on a l’impression que la vie et les relations ne s’arrêtent pas. On se parle, on donne et on reçoit et la roue de la vie tourne. C’est comme s’il n’y a pas de fermeture/ouverture dans les relations, les discussions, comme si elles restent toujours ouvertes.

C’est un sentiment assez spécial de ne pas entendre de mots de gratitude au Sri Lanka. La gratitude se passe dans les gestes. On se le montre, on se donne, on échange, on partage, on se regarde dans les yeux quand on donne/reçoit et tout passe là. Surtout, on n’attend pas de remerciement quand on donne et ça fait tellement de bien de vivre ça.

Par ailleurs, et cela explique peut-être ceci, comme le principe de base du Bouddhisme est de faire le bien en tout temps pour gagner des bons points pour son prochain karma, tout le monde* fait en sorte de faire du bien. Quand on leur dit THANK YOU, ils sont tout émus et touchés, comme si on leur renvoyait leur cadeau comme un autre cadeau. Le hic, c’est que, comme ils viennent de faire un cadeau qui leur donne un bon point pour leur prochain karma, le leur renvoyer leur enlève ce bon point.

Un bel exemple qui montre l’importance de bien comprendre une culture différente de la nôtre avant de juger et d’agir.

Le MERCI du coeur

J’observe toujours en moi ce qui se passe quand je dis MERCI ou qu’on me le dit. J’ai besoin que ça résonne juste en moi quand je le dis pour me sentir authentique.

Le dire ou pas ? Politesse, respect, devoir, plaisir, véritable gratitude ? Je suis arrivée un jour à un point de « réconciliation » avec ce mot.

J’ai fait une petite expérience autour du Jour de l’An, là où tout le monde s’offre des bons voeux. On reçoit « Bonne et heureuse Année ! » (je résume) et on répond spontanément « Toi aussi ! ». On oublie parfois de dire MERCI et on renvoie alors le cadeau à l’expéditeur sans le recevoir, sans se l’approprier.

J’ai alors délibérément fait attention de toujours répondre « MERCI ! A toi aussi ! ». Ça fait toute une différence dans le coeur.

En disant MERCI avec mon coeur et avec sincérité, je me permets de RECEVOIR le cadeau dans mon coeur, je me l’approprie et cela fait chaud au coeur. Je ME fais le cadeau qu’on m’offre.

Réciproquement, mon MERCI fait chaud au coeur de la personne qui m’a donné. Même si c’était peut-être dans les attentes, peu importe. Ce côté-là de la relation lui appartient. Ce qui compte, c’est que, en lui témoignant ma gratitude, j’ai agi avec mon coeur, dans le respect et la politesse mais, surtout, avec intégrité et authenticité. La roue de la vie tourne dans la paix et l’amour.

Pour que la roue de la gratitude tourne

Avez-vous remarqué que, quand on dit MERCI de tout notre coeur, sincèrement et profondément, quand on témoigne notre gratitude avec intégrité et authenticité, la vie nous apporte ensuite d’autres cadeaux ?

On ne peut pas donner sans avoir reçu. On ne peut pas aimer sans avoir reçu de l’amour, sans s’être senti aimé/e.

C’est ainsi qu’en accueillant la gratitude, en se laissant toucher par les cadeaux des MERCI qu’on donne autant que par ceux qu’on reçoit, en se permettant de les recevoir et de les intégrer avec amour pour soi, on peut ensuite faire en sorte que la roue de la gratitude et de l’amour tourne, laissant ainsi circuler de beaux cadeaux dans toute l’humanité.

Dorénavant, je vous invite à observer comment vous dites MERCI…

De tout coeur

PS : merci de laisser vos commentaires ci-dessous qu’ils restent avec l’article plutôt que perdus dans Facebook ou ailleurs.

Dominique Jeanneret

© Tous droits réservés sur tous mes articles. Vous pouvez les reproduire à condition de ne rien y changer, de mettre ma signature et de laisser ce paragraphe avec le lien vers www.dominiquejeanneret.net. Merci de respecter ainsi mon travail.

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* je parle ici des bouddhistes car je ne connais pas assez les autres religions du Sri Lanka pour en parler.

Les surprises de l’ouverture du coeur et du lâcher prise

[caption id="attachment_1212" align="alignnone" width="700"]Temple bouddhiste de Balapitiya, Sri Lanka[/caption]

J'ai envie de vous raconter une journée, celle d'aujourd'hui. Il n'est que 14h et j'ai déjà vécu tellement de choses que j'ai envie de vous partager comment je fonctionne quotidiennement et comment je suis remplie de gratitude pour tous les cadeaux reçus chaque jour !

Hier soir, j'ai mangé du gluten au souper et de la crème glacée en dessert. […]

Le karma du moustique

Le premier précepte du bouddhisme est de ne pas faire de mal à tout être vivant, encore moins de tuer. Être vivant, pour les bouddhistes de la tradition Theravada du Sri Lanka – chaque branche du bouddhisme à ses propres croyances -, englobe les règnes humain et animal qu’ils considèrent seuls munis d’une conscience. Végétaux et minéraux n’en ayant pas, d’après eux, on peut cueillir et jeter tous les végétaux qu’on veut. […]

Oser montrer sa foi – Sentir plutôt que chercher à comprendre

Aujourd’hui, mon amie et moi étions invitées à un puja privé au grand temple de Bellanwila dans un quartier de Colombo. Un puja est une petite messe, si on peut dire, où nous chantons ensemble, prions et écoutons le moine raconter une histoire sur Bouddha et-ou nous donner des conseils de vie.
Pour l’occasion, nous sommes allés à l’intérieur de l’espace entouré par une barrière qui fait le tour du Bodhi Tree* et nous nous sommes assis au pied de l’arbre. […]

Première journée à Colombo, Sri Lanka

Première journée à Colombo où je suis allée rendre visite à un ami Facebook, un moine bouddhiste, à son temple. Alors que nous étions en train de discuter avec lui, une dame est arrivée avec une boisson rouge, le saruwath, contenant de petites graines, les kasakasa ou sabja. Je n’en avais jamais bu, une belle découverte !
La nourriture arrive souvent comme par magie, quand on passe du temps avec un moine dans un temple. […]

Le signe magique

Ce matin, je contacte une de mes « amies » Facebook depuis des années, que je ne n’ai jamais rencontré « pour de vrai » mais avec qui j’échange de temps en temps, pour lui demander un renseignement. Cela fait longtemps que nous n’avions échangé. Elle me répond ceci :

« Bonjour Dominique, C’est marrant que tu m’envoies ce message :  j’ai pensé à toi ce matin en me réveillant !!!! Je te voyais sur un éléphant, dans la lumière du soleil levant : c’était magique ! »

Oufffff…. […]

Raisons et façons de voyager

Bouddha au stupa (dagoba) Mirisewetiya à Anuradhapura

On voyage pour différentes raisons, de différentes façons. Parfois rapidement, parfois longtemps au même endroit. On ne sait pas toujours pourquoi on voyage mais on sait qu'on va y trouver quelque chose.

Pour ma part, j'aime à voyager seule ou avec une autre personne qui partage ma façon de voyager, qui est assez différente de la plupart des voyageurs. C'est en voyageant que je m'en rends compte, encore une fois, comme il y a 33 ans quand je suis venue pour la première fois passer trois mois au Sri Lanka puis en Inde. Comme à chaque fois que je voyage, peu importe où mais spécialement dans les pays différents de notre occident.

Sans me poser de questions, instinctivement, j'ai toujours évité les touristes, sauf ceux, éventuellement, avec un sac à dos, et encore. Le peu de contacts que j'ai eus avec certains n'ont pas été agréables. En 1982, un français un peu saoûl et perdu à New Dehli à même failli me violer alors que, en trois mois de voyage alors, je n'ai eu aucun souci avec les gens du pays.

Créer le contact

Quand je voyage, j'aime à m'intégrer au pays, apprendre comment les gens vivent et pensent. Cela ne se fait pas le premier jour, cela va de soi. On doit prendre le temps de rencontrer les bonnes personnes qui vont nous faire rencontrer d'autres bonnes personnes. Amara, par exemple, un chauffeur de tuktuk jaune à Anuradhapura, m'a fait rencontrer une nonne qui m'a accueillie pendant quelques jours dans son temple. C'est là que j'ai rencontré deux amies qui vivent à Colombo qui m'ont invitée à aller passer quelques jours chez elles.

A Heenatiya où je suis depuis le début de ce voyage, le 21 novembre dernier, Chamara, le tenancier de l'hôtel où nous étions, m'a fait rencontrer Kusala Thero, le moine du temple où je vais méditer et participer à des activités. C'est lui qui, au bout de quelques temps d'échanges, m'a offert de vivre dans une famille de ses amis au village.

Quand je suis avec mes amis locaux* dans des endroits touristiques, ils pensent éventuellement que je vais parler avec mes pairs blancs. J'ai tenté de créer des contacts avec ceux-ci parfois, juste avec le sourire, comme je fais avec les locaux qui me renvoient alors de magnifiques sourires et, même parfois, byebye de la main. Certains viennent même pour se faire prendre en photo avec moi, me remerciant chaleureusement alors. (photo : A Dambulla, une petite famille qui voulait une photo avec moi. J'en ai été honorée et elles aussi. Chacun sa façon d'interpréter les situations… ;-))

Les touristes, eux, me regardent avec un air interrogateur, lèvent le nez, regardent ailleurs, et restent bêtement stoïques dans leur monde. Aucun contact agréable possible. Quand il se crée, il ne tient pas. Je ne suis pas dans le même monde… que les touristes ! Je vis avec les gens du pays. Je n'y peux rien, j'y suis née (en Afrique) et on dirait que je ne peux pas faire autrement. C'est instinctif.

Vivre différemment

Mon lit dans la chambre que je partage avec l'ado de la famille à Heenatiya, ma table de travail où je vous écris cet article.

Vivre avec les gens du pays dans un petit village du Sri Lanka – ou ailleurs dans le monde – signifie accepter de vivre de façon différente, sans grand confort éventuellement mais avec tellement de richesses à d'autres niveaux.

La gentillesse et la bonté des gens du pays, la nourriture, le soleil, la chaleur, les sourires, accueillir les choses simples de la vie, apprendre à vivre avec peu et trouver des systèmes D parfois pour arriver à ses fins. Comme quand Sunethra, la dame chez qui j'habite à Heenatiya, emploie un fil d'écorce de noix de coco qui traîne à terre pour couper le pittu parce qu'elle n'a pas de couteau, comme un fil à beurre, sur la feuille de bananier.

Ce matin, Sunethra me dit qu'elle va faire un déjeuner rapide. Du pain (de mie, blanc et plein d'air comme le pain américain. C'est le seul qu'ils ont) avec du sambol, un mélange d'oignons, ail et épices, salé. Ils ne mangent pas sucré le matin.

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Sambol, pain et confiture pour le déjeuner

J'aime bien manger salé le matin. C'est énergisant et ne fatigue pas, contrairement aux aliments sucrés. Cependant, ce matin, j'ai eu une envie : même si je n'en mange pas souvent non plus à la maison, après un mois sans confiture, j'ai craqué et suis allée m'en acheter au dépanneur du coin. Pour beaucoup de choses, les srilankais sont entre 30 et 50 ans en arrière de nous. La confiture est faite de fruits en jus, de pectine et quelques additifs chimiques et ne goûte pas grand-chose. Je peux rêver de ma confiture sans sucre et pleine de fruits goûteux !

Déplacer les problèmes

Quand on part en voyage plus que pour juste quelques jours de dépaysement, nos soucis et nos problèmes viennent avec nous, évidemment. Plus on cherche à les fuir, plus ils nous sautent au visage, peu importe où on est dans le monde. Même si on change d'hémisphère et qu'on va là où l'eau tourne à l'envers de chez nous, nos problèmes continuent à tourner en nous quand même ;-).

La distance de nos racines physiques permet cependant de mettre une distance envers ces questionnements et de les appréhender avec plus de discernement et conscience. Le recul aide à les voir sous un angle différent et avec plus de paix. Ils tournent éventuellement dans un autre sens, celui qu'on n'avait pas vu avant et qui va nous aider à les solutionner.

Le partage de vie avec les gens du pays, l'observation de leur mode de pensée et de fonctionnement permet aussi de voir nos soucis et questions existentielles prendre une autre importance, souvent moindre, au profit de l'appréciation de la vie qui nous est alors offerte.

Le monde bouddhiste

Sans aucune attente, j'ai atterri dans un monde bouddhiste au Sri Lanka. C'est la philosophie-religion qui prône dans ce pays depuis plus de deux millénaires et qui me rejoint le plus, en Asie, en termes de spiritualité. C'est dans cette philosophie que j'ai trouvé, alors que j'avais vingt ans, réponses et confirmations à des croyances profondes que j'avais, comme le fait que nous sommes à 100 % responsables de ce que nous nous faisons vivre et que nous nous devons de vivre dans le plus grand respect les uns des autres.

C'est donc simplement et naturellement que je me suis intégrée à la communauté du temple du moine Kusala Thero à Heenatiya. Même si je ne comprends absolument pas la langue, je m'imprègne des sons durant les prières qui sont mes méditations.

Dans le bouddhisme, l'idée de karma existe et chaque personne fait donc de son mieux pour se créer un bon futur karma. Respect, bienveillance, bonté et générosité sont donc de profondes vertus de vie qui sont appliquées par tous les bouddhistes. Ce sont aussi ces qualités qui sont enseignées dans les Dhamma Schools de tout le pays, l'école du dimanche bouddhiste pour les jeunes de 4 à 18 ans.

La mentalité des bouddhistes fait en sorte qu'il est aisé de voyager dans ce pays et, surtout, de s'y sentir en sécurité. Dans les trains et le bus, il n'est pas rare de voir des femmes laisser leur sac à main sur une tablette ou sur quelqu'un pendant qu'elles sont debout au milieu de la foule.

Cette façon de vivre dans le respect et la bonté est paisible et agréable.

Le retour

A gauche des trois, Baddiya Thero, le moine prieur au Puja du 31 décembre dernier à Anuradhapura

«Ça va être dur de rentrer» me suis-je surprise à ressentir et penser alors que j'écoutais les chants de Baddiya Thero, le moine prieur au Puja du 31 décembre dernier à Anuradhapura (où j'ai passé une semaine, dont quatre jours dans un temple avec une nonne). Je me suis souvenue alors que, lorsque je suis rentrée d'Inde après trois mois de voyage en 1982, cela m'a pris six mois avant d'atterrir et de «revenir» vraiment chez moi. Est-ce que ce retour fin février, via la Suisse et la France pendant un mois avant de rentrer au Québec le 30 mars, va-t-il être aussi difficile ?

Et puis, de retour à Heenatiya avant-hier après une journée de voyagement en train et bus, je me suis surprise à avoir envie de rentrer à la maison, hier matin. La maison qui m'attend chez mon amie à Montréal.

Ce serait facile de changer mon billet de retour et de rentrer mais ce serait fuir ce que j'ai encore à vivre ici. Je ne sais pas quoi mais je sais que ce sont beaucoup de moments magiques et de cadeaux m'attendent ici avant de repartir…

Avec amour, je vous envoie une brise chaude et enveloppante du Sri Lanka !

Do

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* on appelle «locaux» (locals en anglais) les habitants du pays

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